Médias

Algérie : un patron de presse accusé d’atteinte à la sécurité de l’État

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, le 14 janvier à Alger. © AFP

Le parquet d'Alger a ordonné dimanche l'ouverture d'une information judiciaire "pour atteinte à la sécurité de l'État" contre le directeur de publication de deux quotidiens censurés pour avoir annoncé une "détérioration" de l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika.

Le parquet d’Alger a ordonné dimanche l’ouverture d’une information judiciaire "pour atteinte à la sécurité de l’Etat" contre le directeur de publication de deux quotidiens censurés pour avoir annoncé une "détérioration" de l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika.

Hichem Aboud est accusé d’"atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’unité nationale, à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions", selon un communiqué du parquet cité par l’agence algérienne APS. Il a tenu, selon le parquet, des "propos infondés" selon lesquels M. Bouteflika, hospitalisé le 27 avril à Paris, serait rentré mercredi à l’aube à Alger dans "un état comateux".

Dans son communiqué, le parquet explique que les poursuites ont lieu "suite aux propos tendancieux tenus sur certaines chaînes d’information étrangères, dont France 24, par le dénommé Aboud Hichem, sur l’état de santé du président de la République (…), et compte tenu de l’impact négatif direct de ces rumeurs sur l’opinion publique nationale et internationale".

Les autorités ont saisi samedi soir les deux quotidiens de M. Aboud, qui avaient publié en Une un dossier de deux pages sur l’état de santé de M. Bouteflika. Hichem Aboud a indiqué à l’AFP détenir ses informations de "sources médicales françaises et des proches de la présidence algérienne."

"Les deux journaux ont été saisis samedi soir à l’imprimerie", a déclaré cet ancien militaire devenu opposant.

"Le ministère de la Communication nous a demandé de supprimer les deux pages de l’édition de dimanche consacrées à l’état de santé du président Bouteflika", mais "nous avons refusé l’autocensure", a-t-il dit, expliquant qu’il était "techniquement impossible" de supprimer deux des 24 pages de ces éditions.

Si ces informations sur l’état de santé du président "étaient non fondées, le mieux pour les autorités aurait été de publier un communiqué du médecin personnel du président pour démentir ces informations ou, mieux encore, de diffuser des images de M. Bouteflika", a-t-il précisé.

Il s’agit du premier cas de censure depuis des années en Algérie.
 

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