Économie

Maroc Télécom : Vivendi et Etisalat concluent un accord définitif

Vivendi a annoncé le 5 novembre avoir conclu un accord définitif pour la vente de 53% du capital de Maroc Télécom à Etisalat. Montant : 4,2 milliards d’euros, payés en numéraire.

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Mis à jour le 5 novembre 2013 à 09:27

Le siège de Maroc Télécom. © DR

Vivendi a annoncé le 5 novembre avoir « signé un accord définitif avec Etisalat pour la vente de sa participation de 53 % dans Maroc Télécom pour la somme de 4,2 milliards d’euros en numéraire ». Cette annonce intervient quelques jours après l’expiration de la date butoir, le 31 octobre, que les deux parties s’étaient fixées, après avoir prolongé une première fois la période de négociation exclusive.

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Approbation

L’accord est présenté comme « définitif », mais il reste « soumis à certaines conditions, en particulier l’approbation des autorités de régulation des pays où Maroc Telecom est implanté (Burkina Faso, Gabon, Mali, Mauritanie) », a précisé Vivendi. Le groupe se dit néanmoins « confiant » et prévoit une finalisation de l’opération « d’ici début 2014 ». Videndi espérait initialement la boucler avant la fin de l’année.

Cette cession s’inscrit dans la stratégie du groupe Vivendi qui consiste à recentrer et développer ses activités dans les médias et les contenus. Le prix tiré par Vivendi de ce désengagement est conforme à ce qui avait été indiqué lors des négociations, dans la mesure où, à un prix de cession de 3,9 milliards d’euros, devaient s’ajouter 310 millions d’euros au titre du dividende 2012.

85 millions de clients en Afrique

Avec les 35 millions d’abonnés de Maroc Télécom, Etisalat, également présent en Asie et en Arabie saoudite, passe d’un seul coup de 50 millions à 85 millions de clients en Afrique… et fait un bond dans le classement des grands opérateurs continentaux.

De la cinquième place, il monte sur le podium derrière MTN et Vodafone, mais devant Airtel et Orange, selon les données d’Africa & Middle East Telecom Week. Par ailleurs, la fusion devrait générer peu de destructions, car les deux opérateurs, complémentaires dans leur couverture du continent, ne sont concurrents qu’au Gabon. Aucune information n’a été donnée quant à la gestion de ces filiales.

Investissements au Maroc

L’État marocain détient 30% de Maroc Telecom, coté à la Bourse de Casablanca, et a activement participé aux négociations pour s’assurer que le nouveau propriétaire de Maroc Telecom réalisera des investissements dans les infrastructures mobiles et le haut débit dans le Royaume. L’objectif était également d’obtenir d’Etisalat qu’il concède à l’opérateur chérifien la supervision de l’ensemble de ses filiales africaines, aujourd’hui réunies dans le holding Atlantique Télécom (Bénin, Centrafrique, Niger, Togo) et connues sous la marque Moov. Si cette option est confirmée, la filiale d’Etisalat au Nigeria serait la seule opération africaine directement rattachée à Abu Dhabi.

Etisalat était devenu le seul acheteur potentiel des 53% de Maroc Telecom après le retrait du qatari Ooredoo (ex-QTel). Fin mai 2013, le groupe émirati avait annoncé avoir obtenu l’accord de ses actionnaires au montage financier réalisé en vue d’une reprise des parts de Vivendi.