Politique

RDC : le M23 prêt à rendre les armes sous conditions

Les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23), actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sont « prêts à désarmer » et à retourner à la vie civile sous « deux conditions », a déclaré dimanche à l’AFP leur chef, Bertrand Bisimwa.

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Mis à jour le 8 septembre 2013 à 17:45

Le chef du M23, Bertrand Bisimwa, le 26 avril 2013 dans l’est de la RDC. © AFP

"Nous sommes prêts à désarmer à deux conditions : premièrement, que soit réglée la question des FDLR [NDLR: milice hutue rwandaise présente dans l’est de la RDC] et, deuxièmement, le retour des réfugiés congolais qui vivent dans des camps", au Rwanda, en Ouganda et au Burundi, a indiqué le président du M23, joint par téléphone de Kinshasa.

Alors que la rébellion a subi un important revers face à l’armée régulière soutenue par la force de l’ONU fin août, et qu’elle apparaît isolée sur le plan international, M. Bisimwa a indiqué que son mouvement est prêt à abandonner les armes avant d’obtenir gain de cause sur l’ensemble de son "cahier des charges".

Le 2 septembre, le porte-parole militaire du M23, Vianney Kazarama, avait déclaré que son mouvement était prêt à "déposer les armes" mais ne le ferait que si Kinshasa répondait à sa "revendication légitime".

"Pas intéressé" par une intégration dans l’armée

"Le M23 n’est pas intéressé par l’intégration au sein de l’armée [congolaise] ni au sein du gouvernement congolais", a précisé M. Bisimwa, dont le mouvement est né en mai 2012 d’une mutinerie d’anciens miliciens tutsis qui avaient été réintégrés aux Forces armées de la RDC (FARDC) en 2009.

"Cette armée n’est pas attrayante", a encore dit M. Bisimwa à l’AFP, "le M23 est prêt à se démobiliser et à rentrer dans la vie civile".

Mais pour cela, a-t-il insisté, il faut que les réfugiés congolais tutsi puissent "rentrer" et que les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) "soient neutralisés".

Les FDLR sont composés de Rwandais hutus réfugiés en RDC (alors le Zaïre) après le génocide rwandais de 1994 et qui veulent mettre à bas le régime tutsi au pouvoir à Kigali depuis lors. "Nous ne les voulons plus sur notre territoire", a déclaré M. Bisimwa.