Société

Deux journalistes condamnés à 3 mois de prison avec sursis

 Les journalistes nigériens Moussa Aksar et Aboubacar Sani de l’hebdomadaire privé « L’ événement » ont recouvré la liberté, après avoir écopé de trois mois d’emprisonnement avec sursis et 500. 000 FCFA de dommage-intérêts chacun, dans un procès en diffamation intenté par le directeur de la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC).

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Mis à jour le 18 novembre 2008 à 13:01

Lundi, les deux journalistes étaient face au tribunal de Niamey où leurs avocats ont demandé « la nullité » de la procédure ayant aboutit à leur incarcération, le 12 novembre à la prison civile de la même ville. « Nous allons instamment relevé appel de cette décision, qui constituerait une jurisprudence dangereuse pour tous les journalistes » a indiqué à APA, Me Mounkaila Yayé, un des avocats de « L’Evénement ».

Les journalistes Aksar et Sani, respectivement directeur et collaborateur de « L’Evénement », ont été placés sous mandat de dépôt le 12 novembre après s’être rendus d’eux-mêmes au tribunal pour répondre d’une plainte en diffamation déposée à leur encontre par M. Ibrahim Foukori, le patron de la NIGELEC, unique compagnie étatique d’électricité.

Selon leur avocat, le parquet s’est considéré comme « partie au procès alors que dans une affaire privée comme celle-ci, le ministère public est plutôt partie jointe ».

Les deux journalistes, sont poursuivis pour la publication d’un article dans lequel ils ont relaté comment M. Smith Degener, consul honoraire des Pays Bas au Niger a succombé d’une crise cardiaque dans le bureau de M. Foukori après que ce dernier l’avait traité de « menteur ».

Par ailleurs, « L’Evénement », a accusé le directeur de la NIGELEC d’avoir procédé au recrutement d’une sœur du directeur de cabinet du président nigérien Mamadou Tandja, au détriment des textes en la matière. « C’est la procédure de flagrant délit qui a été retenue contre les deux journalistes, alors qu’il suffisait de la citation directe par le biais d’un avocat, ce qui aurait évité à nos clients d’aller en prison » a souligné Me Yayé.

Le directeur de la NIGELEC a poursuivi début octobre un journaliste du satirique nigérien « Le Canard déchaîné », Bounty Diallo qui a été par la suite inculpé d’avoir « diffamé et injurié » M. Foukori dans un article intitulé « Le consul des Pays-Bas meurt dans le bureau de Foukori ».