Société

10 millions de personnes victimes des armes légères en Afrique de l’ouest

Dix millions de personnes sont chaque année victimes des armes légères en Afrique de l’ouest, selon le représentant résident du programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, Andréa Carvalho.

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Mis à jour le 21 novembre 2008 à 11:17

La prolifération des armes légères dans la sous-région est préjudiciable à son développement, a estimé M. Carvalho, à l’occasion du lancement, à Abidjan, d’une campagne nationale de d’information et de sensibilisation sur les dangers des armes légères et de petits calibres (ALPC) initiée par le réseau d’action contre les armes légères en Afrique de l’ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI).

«Il ne peut pas avoir de développement sans un environnement sécurisé», a-t-il déclaré, appelant au renforcement des actions de lutte contre les armes légères en Afrique de l’ouest. «Si ce combat repose sur des fondations solides, il va contribuer à un développement solide et durable», a-t-il dit.

Selon M. Carvalho, 2/3 des 640 millions d’armes légères et de petits calibres en circulation sont utilisées par les parties civiles. «Nous estimons entre 8 et 10 millions, les personnes victimes de ces armes légères par an en Afrique de l’ouest sur un total de 100 millions de victimes sur le continent », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le président de la Commission nationale de lutte contre les armes légères et des petits calibres, le général Désiré Adjoussou, a estimé que 80% des vols sont à main armée en Cote d’Ivoire. «La criminalité s’étend au niveau des particuliers et des forces de défense», a-t-il dit, souhaitant que la campagne de sensibilisation puisse déboucher sur le renforcement de la loi sur le permis de port d’armes.

Des tournées d’information et de sensibilisation sont prévues dans les 19 régions de la Côte d’Ivoire, à travers des concerts, avec le soutien du PNUD et du gouvernement ivoirien.

Le ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Moussa Dosso, a expliqué que «la finalité de notre campagne nationale ne sera pas vaine puisqu’il s’agit d’œuvrer à la consolidation de la paix et à l’instauration d’une culture de la non violence par des actions de sensibilisation à tous les niveaux de la population sur les dangers que représente la problématique des armes légères et de petits calibre en Côte d’Ivoire.

L’ambassadeur du programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour la non violence, l’artiste et chanteur de reggae ivoirien, Tiken Jah de Fakoly, s’est engagé à porter partout où besoin sera le message sur les dangers des armes légères et de petits calibres (ALPC).

Secouée par une crise militaro-politique depuis septembre 2002, la Côte d’Ivoire, toujours divisée en deux, est à la recherche d’une paix définitive en vue de d’organiser une élection présidentielle dont le premier tour, initialement prévu pour le 30 novembre, a été reporté sine die par la quatrième réunion du cadre permanent de concertation (CPC) tenue le lundi 10 novembre à Ouagadougou (Burkina Faso).