Société

Discours très attendu de Tandja à la veille du cinquantenaire du pays

Les Nigériens attendent avec beaucoup d’intérêt le message à la nation qu’adressera mercredi soir le Président Mamadou Tandja, à la veille du cinquantenaire de la république, mais surtout au seuil de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, alors même que les soutiens se multiplient en faveur d’un troisième mandat ou une prolongation pour le Chef de l’État.

Par
Mis à jour le 17 décembre 2008 à 12:51

Par tradition, le message à la nation situe à cette occasion les péripéties endurées par le pays de sa lutte pour l’indépendance à nos jours, tout en balisant le terrain pour les grands chantiers à venir en matière de développement.

Mais, jamais de mémoire de Nigériens, discours à la nation n’a été aussi attendu, d’abord parce que la république aura ce 18 décembre cinquante ans mais parce que c’est l’un des derniers grand discours du dirigeant nigérien à ses compatriotes, qui l’on élu deux de fois de suite à la tête du pays.

De même, c’est la première fois depuis le début de l’ère démocratique, il y a une quinzaine d’années, qu’un dirigeant élu est en passe de terminer son mandat à la tête du Niger.

« Nous pensons que le président (Tandja) va couper court aux discours qui font état d’un probable troisième mandat, ce qui serait une grande sagesse » a indiqué, Illa Assoumane, un citoyen à Niamey.

L’hebdomadaire « Le Républicain », indique à sa première page que « la balle est dans le camp de Tandja » faisant allusion aux attraits de conquête d’un probable mandat que l’on prêterait au dirigeant nigérien. A en croire beaucoup d’observateurs, s’il y a un sujet qui défraie largement la chronique ces temps-ci au Niger, c’est sans conteste l’idée d’un éventuel troisième mandat pour le président Tandja.

Ce débat évolue, occupant outre la rue, les cercles des partis politiques, avec pour point culminant la constitution dans toutes les huit régions de comités dits de soutien au chef de l’État pour, dit-on, l’aider, à consolider ses « œuvres de développement » à la tête du pays.

On cite également diverses réalisations en faveur du monde rural, dont la « témérité » de Tandja face à l’insécurité qui sévit dans le nord du pays et la défense des intérêts nationaux en matière des richesses naturelles, dont l’uranium qui a connu une revalorisation de son prix.

A sa décharge, le dirigeant nigérien n’a pourtant jamais émis l’idée de briguer un troisième mandat, la constitution n’ayant pas prévu une telle option, puisque la disposition sur le mandat présidentiel est même exclue de tout processus de révision de la loi fondamentale.

Dans un entretien qu’il a accordé au journal français « Le Monde », paru en 2004, le Président Tandja avait réitéré son engagement à quitter le pouvoir, au terme de son deuxième et dernier mandat.

Des organisations de la société civile ont déjà dénoncé les actions de soutien en faveur d’un troisième mandat, « acte contraire à la démocratie et aux instruments fondamentaux de notre pays » a précisé Seydou Nourou, un des responsables de la société civile nigérienne.

Toutefois, l’opposition politique, dont le premier responsable est reçu régulièrement à la présidence, se garde jusque-là de commenter, même si certaines de ses sections à l’instar d’autres démembrements de la majorité, ont déjà exprimé leur désapprobation.

« Ce sont des arguments de la rue, qui ne sont soutenus par aucune déclaration, du moins officielle, nous ne pouvons nous prononcer » a indiqué à APA, sous couvert de l’anonymat, un des responsables de l’opposition nigérienne réunie au sein de la Coordination des forces démocratique (CFD).

En revanche, s’est-il empressé d’ajouter, « la CFD se prononcera au moment opportun, et exprimera le cas échéant son rejet total d’un tel acte ».

Élu en 1999, puis réélu en novembre 2004, Mamadou Tandja (70 ans), un colonel de l’armée à la retraite, achève son deuxième et dernier mandat présidentiel en novembre 2009.