Politique

Au Cameroun, Samuel Eto’o contre « les ennemis du football »

La Confédération africaine de football (CAF) a ouvert une enquête sur le président de la Fecafoot pour « comportement inapproprié ». Dans une autre affaire, le Tribunal arbitral du sport a rendu une décision défavorable à l’ancien footballeur. Pour Eto’o, décidément, la période est compliquée.

Mis à jour le 16 août 2023 à 12:20
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

© Glez

La vie de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’est pas un long fleuve tranquille. Si l’arrivée à sa tête de Samuel Eto’o avait été accueillie comme un espoir – celui de mettre fin à ses luttes intestines –, l’ancien numéro 9 du Barça a, par certaines de ses initiatives, rajouté à la dramaturgie du foot national. En moins de deux ans de mandat, l’ambitieux natif de Nkon a manifesté des désaccords avec le ministre des Sports, dénoncé brusquement le contrat d’équipementier du Coq Sportif, engagé un bras de fer avec les secrétaires généraux de l’instance…

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Ce ne sont pourtant pas ces conflits qui ont décidé la Confédération africaine de football (CAF) à ouvrir une enquête sur Samuel Eto’o. Dans un communiqué, la CAF évoque « des demandes écrites venant de plusieurs parties prenantes du football camerounais [et réclamant un] examen et [une] enquête [portant sur] certains comportements inappropriés ». Au cœur des récriminations figureraient essentiellement des interventions – jugées abusives – du président de la CAF dans la gestion du championnat national.

« Communication pernicieuse et toxique »

Il est notamment question de formations qui, selon certains accusateurs, auraient été empêchées de monter en division supérieure ou dont l’ascension aurait au contraire été facilitée artificiellement à la suite de manœuvres de la présidence de la Fecafoot. Les noms du Victoria United et du Bamboutos Football Club sont, par exemple, sur toutes les lèvres.

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Huitième au championnat de deuxième division, le premier aurait « miraculeusement » accédé à la première division, après une conversation téléphonique présumée entre son président et Samuel Eto’o. L’Association des clubs de football amateurs du Cameroun défend la version d’une manipulation. Le Bamboutos, lui, se serait vu mettre des bâtons dans les roues sur le parcours qui le menait à la Coupe des confédérations. Ses dirigeants dénoncent le refus de la Fecafoot de délivrer des licences CAF au motif que certains joueurs auraient subi des arriérés de salaire.

Si la CAF évoque des allégations « à première vue sérieuses » à l’encontre de Samuel Eto’o, l’avocat de ce dernier parle d’une « communication pernicieuse et toxique », fomentée par « des ennemis du football camerounais », qui tentent de « prendre le football en otage » pour des « intérêts personnels et égoïstes ». Il n’exclut pas d’intenter lui-même des actions judiciaires.