Politique

En Algérie, la JS Kabylie, porte-étendard du peuple berbère

Plus qu’un club de football – pourtant le plus titré d’Algérie –, la Jeunesse sportive de Kabylie a su incarner les aspirations d’autonomie ou d’indépendance du peuple kabyle. Au point d’agacer durablement le pouvoir central.

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Mis à jour le 11 août 2023 à 17:28

L’équipe du JSK qui remporta la finale de la Coupe d’Algérie en juin 1977. © Montage JA : DER

POUVOIR ET BALLON ROND, QUAND LE FOOTBALL S’INVITE EN POLITIQUE (2/6) – Dimanche 19 juin 1977. Le stade du 5 juillet, sur les hauteurs d’Alger, est plein comme un œuf pour la finale de la coupe d’Algérie qui oppose la JS Kabylie au NA Hussein Dey. Le choix de ce 19 juin n’est pas fortuit. Ce jour-là, le président Houari Boumédiène célèbre le douzième anniversaire du coup d’État qui l’a porté au pouvoir le 19 juin 1965. Annoncée comme la grande fête du football, cette finale sera un cauchemar pour ce président qui n’a jamais porté la Kabylie dans son cœur.

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Dès la matinée, des dizaines de milliers de supporteurs venus de toute la région envahissent les rues d’Alger avant de rejoindre le stade. Dans la tribune officielle, Boumédiène, les membres du gouvernement et les hauts gradés de l’armée sont installés en rang d’oignons. Cette finale débute mal. L’hymne national est hué par les Kabyles, qui couvrent de leurs cris la fanfare républicaine. Pour la première fois depuis l’indépendance en 1962, l’hymne national est sifflé en direct à la télévision.