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Spécial Guinée Bissau: Le président Vieira assassiné

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Calme précaire à Bissau après la mort du président Vieira

Le corps sans vie du président Joao Bernardo Vieira, tué tôt ce lundi dans un attentat, est déposé à l’Hôpital public de la capitale Bissau, désormais quadrillée par des militaires lourdement armés et contrôlant tous les points stratégiques de la ville, a constaté APA.

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Mis à jour le 2 mars 2009 à 11:32

Selon plusieurs sources, le président Vieira a été tué lors d’une attaque de sa résidence par des soldats dans des circonstances qui n’ont pas encore été précisées.

En novembre dernier, la présidence bissau-guinéenne avait déjà fait l’objet d’une attaque similaire.

Avant l’annonce de la mort du président Vieira, une certaine tension prévalait au lendemain de la mort du général Tag Me Naway, patron de l’armée bissau-guinéenne, également tué dans un assaut à la roquette de l’état-major des armée, où il se trouvait.

La situation était confuse ce lundi à Bissau et on ignorait s’il s’agissait ou non d’’une tentative de coup d’état. Les rues de Bissau étaient pratiquement vides, les habitants s’étant terrés chez eux en ce début de matinée du lundi.

Lors des premiers incidents de novembre, le Sénégal avait massé des troupes à ses frontières avec la Guinée-Bissau et le président Wade avait manifesté sa disponibilité à mettre à la disposition du défunt président Vieira un avion pour l’évacuation de sa famille.

Le président Nino, 69 ans, figure emblématique de la scène politique bissau-guinéenne, a participé physiquement, armes à la main, à la lutte de libération de son pays sous la bannière du Parti africain de l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC) fondé par Amilcar Cabral, son leader historique.

L’initiative du président sénégalais avait été bien accueillie par l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui se préoccupaient des développements inattendus pouvant résulter des coups de force répétitifs en Guinée-Bissau où avaient eu lieu des élections législatives relativement bien organisées.

En revanche les troubles en cours à Bissau ne suscitent guère de réaction des pays voisins, notamment la Gambie, la Guinée Conakry ou le Sénégal. Pendant plus d’une vingtaine d’année, Nino Vieira a dirigé sans discontinuer ce minuscule pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, mais richement doté en ressources agricoles et potentialités touristiques.

Il a été réélu en 2005 au terme d’une guerre fratricide d’une longue et terrible en 1999 avant d’être chassé du pouvoir par l’homme fort d’alors, le puissant général Ansoumana Mané, un compagnon d’armes.

Ex-colonie portugaise, la Guinée Bissau vit dans une instabilité institutionnelle et sécuritaire depuis le coup d’Etat contre le même président Vieira en 1999.

Le pays, en proie à une série de soubresauts sociopolitiques est devenu au fil des ans, l’épicentre du trafic des drogues dures en provenance de l’Amérique latine.

Le pays, un des plus mal classés dans l’Indice de développement humain des Nations Unies, est également confronté, depuis quelques temps, à des réseaux puissants de narcotrafiquants qui ont infiltré tous les segments de l’administration et des forces de sécurité.