Politique

Vital Kamerhe lance un mouvement politique

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Mis à jour le 13 avril 2009 à 15:48

Vital Kamerhe a lancé dimanche un mouvement politique, la « Convention pour la défense de la démocratie et de la République ». L’ancien président de l’Assemblée nationale, forcé à la démission le 25 mars, « fluidifier le débat démocratique ».

Un nouveau courant dénommé "Convention pour la défense de la démocratie et de la République" est née au sein de l’Assemblée nationale de la RD Congo, à l’initiative de M. Vital Kamerhe, président démissionnaire de cette chambre basse du Parlement, a appris APA lundi.

Selon la déclaration de naissance, ce courant ouvert à toutes les sensibilités (majorité au pouvoir, opposition, indépendants…) présentes au sein de l’Assemblée, a pour objet de "fluidifier le débat démocratique".

Le nouveau courant n’est pas un "nouveau parti, encore moins une renonciation à toutes les valeurs défendues jusqu’alors, plus qu’il n’est une rupture avec une quelconque identité politique et non plus un groupe parlementaire au sein de l’Assemblée nationale", souligne la déclaration.

Pour ses initiateurs, "c’est plus la matérialisation en acte d’une conviction qu’en tout temps et en toute circonstance les députés doivent privilégier l’intérêt de la nation avant toute autre intérêt. Ils doivent savoir qu’ils ont un contrat qui les lie avec le peuple", explique la déclaration lue dimanche par M. Kamerhe. Les députés "doivent prendre conscience que leur mandat n’est pas impératif", souligne la même déclaration.

La création de ce nouveau courant intervient alors que l’Assemblée traverse une crise marquée par la démission de l’ensemble de son bureau et s’attend à l’élection, vendredi d’un nouveau bureau pour lequel le dépôt des candidatures s’est clôturé ce lundi.

Les divisions de la majorité serviront-elles l’opposition?

Le président démissionnaire qui expédie encore les affaires courantes avait, dans une déclaration faite à Radio Okapi, la station de la Mission de l’ONU en RDC (MONUC), qualifié de "très grave" pour la RDC l’entrée dans ce pays en janvier des troupes rwandaises venues, conjointement avec l’armée de la RDC, traquer les rebelles rwandais des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Cette déclaration était en contradiction avec la position de Joseph Kabila qui avait autorisé la venue en RDC des troupes étrangères.

L’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), la coalition qui avait soutenu Kabila à l’élection présidentielle en 2006 contre Jean-Pierre Bemba, a ainsi exigé la démission de l’ensemble du bureau dirigé par M. Kamerhe. Depuis lors, des dissensions sont en cours au sein de la majorité dont certains députés n’ont cessé de prendre la défense du président sortant de l’Assemblée nationale, qualifiant ceux qui ont demandé sa démission d’antidémocrates.

Une certaine opinion pense que ces dissensions peuvent faire le lit de l’opposition qui, en dépit de sa minorité (moins de 200 députés) à l’Assemblée, a décidé de présenter ses candidats aux sept postes à pourvoir dans le bureau de la chambre basse.