Politique

En Tunisie, l’opposante Chaïma Issa va être libérée

Figure du Front de salut national, Chaïma Issa avait été arrêtée, avec plusieurs autres opposants au président Saïed, en février dernier.

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Mis à jour le 23 juin 2023 à 17:37

Manifestation de soutien à Chaïma Issa à Manouba,le 3 avril 2023. MANOUBA, TUNISIA – APRIL 03: Demonstration held in support of imprisoned NSF member Chaima Issa, in Manouba, Tunisia on April 03, 2023 © Yassine Gaidi/Anadolu Agency via AFP

Le 23 juin, un juge du pôle judiciaire antiterroriste de Tunisie a ordonné la libération de Chaïma Issa, une opposante au président Kaïs Saïed détenue depuis février pour des soupçons de « complot contre la sûreté de l’État », a indiqué son avocate. Elle devrait être libérée dans la journée sauf si le parquet fait appel de cette décision « d’ici 17h00 », a précisé Me Msaddek.

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Arrêtée le 22 février, Chaïma Issa, 43 ans, est l’une des figures du Front de salut national (FSN), principale coalition d’opposition contre Kaïs Saïed qui s’est arrogé les pleins pouvoirs en Tunisie le 25 juillet 2021. Elle avait été arrêtée avec une vingtaine d’autres opposants et des personnalités des milieux des affaires et des médias dans le cadre d’une enquête pour « complot contre la sûreté de l’État ». Le président tunisien avait qualifié les personnes arrêtées de « terroristes ».

« Chasse aux sorcières »

Certains ont été interrogés sur leurs rencontres et échanges téléphoniques avec des diplomates étrangers, d’autres sur des interviews accordées à des médias, selon leurs avocats. Des ONG locales et internationales ont dénoncé ces arrestations comme « une chasse aux sorcières », déplorant une volonté politique de « réprimer les voix libres ».

Le 16 juin, Ahmed Néjib Chebbi, président et cofondateur du FSN a accusé le président Saïed de chercher à « criminaliser » toute forme d’opposition, avant d’être interrogé lui-même au pôle antiterroriste dans le cadre de l’enquête pour « complot contre la sûreté de l’État ».

(avec AFP)