Politique

Appel à autoriser les casques bleus à utiliser la force

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Mis à jour le 20 décembre 2008 à 20:09

Le Kenya a appelé le Conseil de sécurité des Nations-Unies à revoir le mandat de ses 17. 000 casques bleus dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le ministre kenyan des Affaires étrangères Moses Wetangula a indiqué qu’on devrait autoriser les soldats de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) à utiliser la force pour rétablir la paix et la stabilité dans le pays.

"Ils ne devraient pas seulement être faits pour maintenir la paix comme l’indique leur mandat, mais aussi la créer", a déclaré M. Wetangula au cours d’une rencontre ministérielle de la région des Grands Lacs à Nairobi.

Le mandat de la MONUC inclut des actions pour protéger les civils sous la menace imminente de violence physique, mais les troupes onusiennes ne sont pas pour l’instant "équipées, formées ni configurées pour intervenir rapidement afin de venir au secours de ceux qui sont dans le besoin d’une telle protection", a rappelé le chef de la diplomatie kenyane.

"Le Conseil de sécurité devra explorer la possibilité de reconfigurer et de ré-équiper les contingents si la MONUC doit protéger les civils de manière plus efficace", a-t-il affirmé. "Les 3. 000 soldats supplémentaires que nous souhaitons ajouter seront vraiment significatifs dans le processus de paix dans ce pays si le Conseil de sécurité peut ajuster leur mandat de sorte qu’ils fassent plus preuve d’initiative et qu’ils soient plus impliqués à tel point qu’ils ne devraient pas seulement maintenir la paix mais aider à la créer", a estimé le ministre.

Wetangula a estimé que le défi de ramener la paix dans ce pays déchiré par la guerre était énorme, ajoutant qu’il faut agir de manière urgente. "La situation actuelle dans l’Est de la RDC nous invite tous à travailler ensemble pour trouver une solution politique durable à la crise. Une RDC unie, paisible et vigoureuse n’est pas seulement bien pour le développement et l’avenir de l’Afrique mais aussi pour la paix et la sécurité internationales", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, M. Wetangula a fortement invité ses homologues des autres pays de la région des Grands Lacs présents à la rencontre à réaffirmer l’appel pour un cessez-le-feu urgent entre les forces du gouvernement de la RDC et les rebelles.

La rencontre de Nairobi s’est tenue pour examiner les moyens de promotion de la paix et du développement dans la région. Elle a vu la participation de 11 ministres des Affaires étrangères de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs.

Les participants doivent également examiner la possibilité d’un pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, qui devrait servir de base dans la recherche d’une solution régionale particulièrement dans l’est de la RDC.

Environ 250. 000 personnes ont été déplacées depuis fin août depuis le début des combats entre l’armée de la RDC et les rebelles dans la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays.

Un cessez-le-feu déclaré par les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) semble tenir, mais les organisations humanitaires ont indiqué l’aide humanitaire apportée sur le terrain est loin d’être suffisante pour les nombreux déplacés.