Politique

La polémique sur l’impartialité des membres d’Elecam continue

La réfutation des autorités camerounaises sur les allégations de la suspension de l’aide du Commonwealth au Cameroun en rapport avec le processus électoral constitue la dernière symphonie du débat qui a suivi la nomination des membres d’Elections Cameroon (Elecam, futur organe indépendant chargé des élections) par le président Paul Biya.

Joseph John Ngute, le ministre délégué chargé du Commonwealth auprès du ministre des relations extérieures, a affirmé que les allégations de la suspension de l’aide du Commonwealth au processus électoral au Cameroun publiées dans trois quotidiens privés camerounais, étaient fausses.

Il a annoncé l’arrivée d’une mission du Commonwealth au Cameroun fin janvier. "Il n’est pas exclu que le sujet sur la nomination des membres d’Elections Cameroon soit évoqué", a dit M. Ngute.

Il a attribué l’information diffusée par les médias privés à une position du Lord Avebury de la Chambre des Lords en Grande-Bretagne qui, à son avis, ne représente pas juridiquement le Commonwealth.

Une déclaration du Lord Avebury rapportée lundi par des quotidiens privés camerounais, indique que le Commonwealth a demandé à l’Union européenne de suspendre les paiements des subventions allouées au Cameroun dans le cadre du soutien au processus électoral de ce dernier.

Le Lord Avebury avait ajouté, selon les mêmes quotidiens, qu’"il devrait demander au président Biya de reconsidérer ces nominations et parvenir à une liste plus équilibrée".

Depuis la nomination les 30 et 31 décembre dernier des 14 membres qui forment l’ossature d’Elecam, le débat sur la neutralité et l’impartialité de ces nouveaux membres du fait de leur appartenance passée dans les rangs du parti au pouvoir n’en finit plus.

En effet, sur les 14 membres nommés, 12 ont appartenu au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) jusqu’à leurs nominations.

Dans un communiqué rendu public vendredi dernier, le secrétaire général du RDPC, René Sadi, a annoncé la démission de ces anciens militants des rangs de son parti.

Par la suite, certains acteurs politiques camerounais ont décrié ces nominations et demandé l’annulation pure et simple du décret du président.

La société civile et le Social Democratic Front (SDF, principal parti d’opposition) ont annoncé avoir déposé des requêtes auprès des instances judiciaires, pour annuler les décrets du 30 et du 31 décembre. I

ls s’appuient sur l’article 13 de la loi créant Elecam qui stipule que "les membres du Conseil Electoral sont choisis parmi des personnalités de nationalité camerounaise, reconnues pour leur compétence, leur intégrité morale, leur honnêteté intellectuelle, leur sens patriotique, leur esprit de neutralité et d’impartialité".

Pour le Dr Eric Mathias Owona Nguini, politologue et enseignant à l’Université de Yaoundé II, "le casting politique qui a été choisi pour sélectionner les membres du Conseil électoral d’Elections Cameroon ne correspond pas à une application stricte et rationnelle de la loi".

Mais pour le Directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun, le professeur Narcisse Mouelle Kombi, "le fait d’avoir été militant d’un parti politique ne constitue pas un obstacle à l’exercice d’une fonction d’arbitrage nécessitant la neutralité".

Créé au mois de décembre 2006 après consultation entre le président camerounais et des acteurs politiques du pays, dont les responsables de partis politiques, la société civile, le clergé, les partenaires publics et privés, Elections Cameroon est présentée comme la nouvelle structure indépendante chargée des élections tant revendiquée par les partis d’opposition.

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