Télécoms

Afrique du Sud : MTN voit d’un bon œil l’accord sur le nucléaire iranien

Siège de MTN à Johannesburg. DR ©

Après la signature d'un accord sur le programme nucléaire iranien, les grandes puissances devraient lever leurs sanctions économiques contre l'Iran dès décembre 2013. Le leader africain des télécommunications MTN pourrait en profiter pour récupérer 450 millions de dollars d'actifs.

Présent dans 22 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, le numéro un africain des télécommunications devrait accueillir avec soulagement la détente qui se dessine entre l’Iran et la communauté internationale. Le 24 novembre, le pays s’est engagé à arrêter d’enrichir l’uranium au-dessus de 5 % et d’installer de nouvelles centrifugeuses, en l’échange de la levée des sanctions économiques. 

Depuis près de deux ans, le groupe sud-africain de télécommunications ne parvient pas à récupérer 450 millions de dollars d’actifs bloqués en Iran à cause des sanctions internationales. Une somme importante qui représente les bénéfices dégagés par le groupe au travers de sa participation de 49% au sein de MTN Irancell. C’est, avec le Nigeria, l’une des plus grosses filiales du groupe sud-africain, comptant pour 25% du chiffre d’affaires de MTN en 2012.

Mais les sanctions qui frappent Téhéran avaient empêché jusqu’à présent de conduire des transactions avec des banques iraniennes. Depuis un an MTN a tenté en vain de négocier avec le gouvernement américain pour que les sanctions ne pénalisent pas des entreprises non-américaines. « Cet accord est une très bonne nouvelle pour MTN qui devrait désormais pouvoir rapatrier les liquidités immobilisées en Iran », note David Lerche, analyste chez Avior.

Prudence

D’autres observateurs se montrent néanmoins plus prudents alors que la perspective d’une levée des sanctions reste partielle, temporaire et réversible. « Toute entreprise, toute banque, tout courtier qui pense que la saison des affaires est désormais ouverte en Iran se trompe durement », avait d’ailleurs déclaré un responsable du Trésor américain, le 25 novembre, sous couvert de l’anonymat. Pour Richard Barker, analyste chez Crédit Suisse à Johannesburg, « cet accord va dans le bon sens, mais il faut rester prudent. Tant que les sanctions ne seront pas complètement levées, l’impact restera très limité pour MTN. Il faut attendre avant de se réjouir ».

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MTN adopte d’ailleurs la même ligne, estimant dans un communiqué qu’il est encore « trop tôt pour en tirer des conclusions ». « Nous allons continuer d’observer le déroulement précis des évènements avant d’en déduire quoique ce soit » a ajouté le groupe.

Défis iraniens

L’opérateur sud-africain doit encore faire face à plusieurs défis en Iran, alors que son nombre de clients y a baissé de 1,7% en 2013 à 41,3 millions d’utilisateurs. Une diminution due au contexte économique difficile de l’Iran. Le PIB du pays devrait connaître une croissance réelle négative de 1,5% en 2013 selon le FMI.

De plus, la monnaie nationale, le rial, a perdu près de 60% en deux ans pesant sur les profits engendrés par MTN en Iran. Si la devise devrait remonter grâce à l’accord, rien ne garantit qu’elle retrouvera son niveau de 2011.

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