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Spécial Guinée Bissau: Le président Vieira assassiné

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Joao Bernardo Vieira

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Mis à jour le 2 mars 2009 à 14:28

Le président Joao Bernardo Vieira, assassiné par des militaires à Bissau, est revenu au pouvoir en 2005, en remportant la dernière élection présidentielle, seulement six ans après avoir été évincé suite à une guerre civile de 1998 à 1999.

Electricien de formation né le 27 avril 1939 à Bissau, Vieira était une des figures de "la guerre de libération nationale" menée pendant 11 ans contre la règle coloniale portugaise, en suivant dans les années 60 Amilcar Cabral, le héros de l’indépendance de la Guinée Bissau, proclamée en 1974.

En 1960, il a rejoint le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) d’Amilcar Cabral. Dans la guerre de "guérilleros", il a démontré sa compétence en tant que chef militaire et était connu par ses camarades comme "Nino", son nom de guerre.

En septembre 1978, "Nino" Vieira a été nommé Premier ministre de la Guinée-Bissau.

Deux ans plus tard, le premier président du pays, Luis Cabral, demi-frère d’Amilcar, a été renversé dans un coup d’Etat sanglant déclenché sur fond d’une détérioration de l’économie qui a provoqué un mécontentement général.

La Constitution a été suspendue et un Conseil militaire constitué de neuf membres présidé par Vieira a été installé.

En septembre 1994, Vieira est devenu le premier président démocratiquement élu de la Guinée-Bissau, avant d’être chassé du pouvoir en mai 1999 après une guerre civile.

Il est entré depuis en exil au Portugal. En dépit d’une interdiction faite aux anciens dirigeants de contester le scrutin, Vieira a été blanchi par la Cour Suprême en mai 2005 pour pouvoir se présenter contre Kumba Yala du Parti de la rénovation sociale (PRS).

Mais son retour en politique était interprété comme une "nouvelle source de tensions" dans le pays. En novembre 2008, sa résidenc à Bissau avait été attaquée à l’arme lourde, mais le chef de l’Etat bissau-guinéen en est sorti indemne.

Selon des analystes, l’armée a joué un rôle important en Guinée-Bissau, où plusieurs chefs d’état-major des armées ont été tués.

Porté au pouvoir par le premier coup d’Etat en 1980, Vieira a conservé le pouvoir pendant 19 ans en s’appuyant sur l’armée.

Son successeur Kumba Yalla s’appuyait aussi sur l’armée, jusqu’à ce qu’elle l’a renversé en 2003.

En janvier 2006, Vieira a investi au poste du chef de l’état-major des armés, le général Tagmé Na Waié, qui s’était distingué lui aussi pendant la guerre de libération nationale et qui a servi dans la junte militaire renversant le pouvoir de Vierira en 1999.

Ce général, qui critiquait la politique de Vieira, a même accusé le président Vieira d’avoir intégré les éléments, qui l’avaient soutenu pendant la guerre civile (1998-1999), dans sa garde présidentielle sans formation, en remplacement des militaires que le chef d’état-major avait mis à la disposition de la présidence.

Selon le responsable des relations extérieures de l’armée, le capitaine de frégate Zamura Induta, le président Vieira a été tué par des militaires, en représailles à un attentat à la bombe qui a coûté la vie dimanche soir au général Tagmé Na Waié.