Économie

Les entreprises marocaines dominent le premier baromètre digital africain

Hopscotch Système Africa publie son premier baromètre digital des entreprises d’Afrique francophone. Si l’Afrique du Nord domine, la présence sur le web des grandes marques africaines reste très très timide…

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Mis à jour le 2 décembre 2013 à 15:52

En termes de visibilité et d’intérêt suscité, Royal Air Maroc se classe deux fois au premier rang. © AFP

Hopscotch Système Africa, filiale dédiée à l’Afrique de la troisième plus grande agence de communication française, lance le premier baromètre digital des entreprises d’Afrique francophone. Analysant la présence numérique des 50 entreprises les plus importantes d’Afrique francophone (hors ressources naturelles), l’étude se base sur huit critères dont la visibilité, la maîtrise des liens, l’activité sur les réseaux sociaux… « La présence sur le web est encore timide et ne suscite pas beaucoup d’intérêt auprès des internautes », commente l’agence dans un communiqué de presse. 16% seulement des entreprises du baromètre dispose ainsi d’un contenu référencé par Google supérieur à 1 million de liens indexés. 34% des entreprises sont quasi inexistantes en termes d’intérêt suscité sur Internet, avec moins de 1 000 requêtes par mois sur Google. Les compagnies aériennes et les opérateurs de téléphonie mobile suscitant le plus d’attention. 

Hopscotch Africa mise sur le digital

Créé juridiquement il y a un peu plus d’un an, Hopscotch Système Africa cherche désormais la lumière. Le 4 décembre, la filiale du troisième plus grand groupe français de communication publiera son premier baromètre digital africain. Basée sur une méthodologie déjà testée en Europe par sa division spécialisée Hopscotch Digital, l’étude s’est intéressée à la présence de 50 grandes marques d’Afrique francophone sur internet et les réseaux sociaux. Avec quelques observations-chocs : seules 16 % de ces entreprises (principalement des compagnies aériennes et des opérateurs télécoms) sont vraiment visibles sur le Net ; plus d’une sur trois n’a aucune activité sur Facebook ou Twitter ; un quart de celles ayant un compte Twitter n’ont jamais tweeté en 2013… Ce baromètre sera diffusé à l’occasion de la conférence économique du sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique. Un jour particulier puisque Hopscotch assurera aussi pour le Medef et Bercy la gestion d’une page internet consacrée à cet événement. Piloté directement par Benoît Désveaux (photo), l’un des grands patrons du groupe, et monté par François Hurstel, Hopscotch Africa renforce ses équipes (18 personnes) : Salima Haddour, qui a longtemps dirigé l’Office national marocain du tourisme en France, a rejoint l’agence il y a quelques mois. Elle a été nommée directrice générale et travaille notamment à l’ouverture d’un deuxième bureau, à Casablanca.
F.M.

 

Bilan très modeste

Sur les réseaux sociaux, le bilan n’est guère plus reluisant. Selon le baromètre, plus d’une entreprise sur trois n’a aucune activité sur Facebook ou Twitter. Un quart de celles ayant un compte twitter n’ont jamais tweeté en 2013. « C’est sans doute pire encore, témoigne Salima Haddour, directrice générale d’Hopscotch Système Africa. Mieux vaut ne pas être présent du tout que d’avoir un site ou un compte non actualisé. » L’influence, elle, est quasi inexistante : les publications d’un tiers des comptes officiels des entreprises étudiées ne sont jamais reprises par les internautes… Difficile d’intéresser les utilisateurs lorsque l’on sait que, toujours selon Hopscotch, « 60% des entreprises actives sur Twitter ne répondent jamais aux interpellations de leurs followers ».

Sénégal

De manière générale, les entreprises d’Afrique du Nord restent les plus visibles et les plus influentes, reflet assez logique des taux de pénétration d’internet au nord et au sud du Sahara mais aussi de la maturité des entreprises de ces zones en termes de communication. Les compagnies marocaines, notamment, raflent trois fois la première place des cinq TOP 5 publiés dans le cadre du baromètre (tous les détails ci-dessous). Une seule entreprise subsaharienne sort du lot : Sonatel, le leader sénégalais des télécommunications.

Né juridiquement il y a un an, Hopscotch Système Africa entend se développer dans le conseil global en communication en Afrique, en misant notamment sur la question de la présence digitale. Le baromètre se veut ainsi un point d’appui dans les démarches commerciales du groupe. « Notre baromètre utilise une méthode pointue et éprouvée déjà utilisée dans le groupe et développée par Hopscotch Digital », souligne Salima Haddour, qui ne compte pas en rester là. « C’est la première étude d’une série liée à la communication digitale en Afrique. »