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Énergie : que la lumière soit !

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Maroc – Algérie : lumière sur le solaire thermique

Par - Idir Zebboudj
Mis à jour le 27 janvier 2012 à 18:40

Tombée dans l’oubli au milieu des années 1980, la technique du solaire thermique rentre en grâce au Maroc et en Algérie.

D’ici à 2050, les technologies solaires pourraient fournir 20 % de la production mondiale d’électricité, selon l’Agence internationale de l’énergie. Si le photovoltaïque en fait partie, une autre technologie pourrait s’avérer pertinente dans les pays arides : le solaire thermique à concentration (concentrating solar power, CSP). Son principe ? Concentrer l’énergie radiative du soleil à l’aide de miroirs pour produire la vapeur d’eau nécessaire à la rotation de turboalternateurs.

L’objectif de l’Algérie : 7 000 MW de capacité solaire d’ici à 2030

Testé en Europe dans les années 1970, le CSP est tombé dans l’oubli la décennie suivante, victime d’un prix du baril redevenu bon marché. Mais son retour en grâce semble se profiler au Maghreb. « Le CSP constitue la priorité des priorités », assène Badis Derradji, PDG de New Energy Algeria (Neal). Le gouvernement algérien projette d’installer 7 000 MW de capacité solaire d’ici à 2030. Et le Maroc envisage, lui, de se doter d’une capacité de 2 000 MW pour 2020. Or le CSP devrait jouer un rôle central car, contrairement à une centrale photo­voltaïque, une unité de ce type permet une production différée d’électricité par stockage de vapeur, à même de se substituer aux énergies fossiles en période de pointe.

En conséquence, chaque pays compte un site expérimental couplant gaz et solaire : au Maroc, la centrale thermique d’Aïn Beni Mathar (470 MW, dont 20 MW en solaire) a été mise en service en 2010, tandis que celle de Hassi R’mel (150 MW, dont 30 MW en solaire), en Algérie, a été inaugurée en mai dernier. Le financement de tels projets représente un défi. « Chaque mégawatt installé coûte entre 5 et 6 millions d’euros », confirme Laurent Belouze, chef de projet des financements ENR chez Natixis. Mais la confiance semble de mise : via son Fonds pour les technologies propres, la Banque mondiale a provisionné une ligne de crédits de 750 millions de dollars (590 millions d’euros) consacrés aux CSP dans les pays du Maghreb.