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Gabon : faut-il croire à l’émergence ?

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Politique

Gabon – Mines : l’État met le holà à Belinga

Mis à jour le 7 février 2012 à 12:28

Le gouvernement vient de suspendre le permis d’exploitation accordé aux Chinois sur le plus gros projet minier du Pays. Et rouvre la compétition.

La décision n’a pas fait les gros titres des journaux gabonais. Pourtant, avec l’arrêté signé conjointement le 1er décembre 2011 par le ministre de l’Économie, Magloire Ngambia, et son homologue des Mines, Alexandre Barro Chambrier, le gouvernement a suspendu la convention minière liant l’État à la Compagnie minière de Belinga (Comibel)… officialisant ainsi l’arrêt du plus gros projet minier du pays, au point mort depuis quatre ans.

« Il a été constaté que, depuis le 12 décembre 2007, date d’attribution du titre minier d’exploitation, jusqu’à ce jour, Comibel n’a fourni aucun rapport d’activité, preuve de l’absence d’activité sur le terrain », relève l’arrêté. Avant de conclure : « Comibel n’ayant pas respecté ses engagements, il est décidé de suspendre les termes de la convention annexée au décret portant attribution d’une concession minière valable pour le fer à Comibel, en attendant l’abrogation dudit décret. »

Vale à l’affût

Bref, les Gabonais ont été forcés de constater la défaillance de Comibel, filiale à 75 % de China Machinery Engineering Corporation (CMEC), le groupe chinois sélectionné en tant que partenaire technique du projet le plus prometteur de l’après-pétrole gabonais – le « projet du siècle », comme l’avait surnommé Omar Bongo Ondimba.

Tout est donc à refaire pour espérer aboutir à l’exploitation du gisement de fer de Belinga (province de l’Ogooué-Ivindo). Les Chinois n’ont rien fait de ce qu’ils avaient promis, à savoir apporter 1 600 milliards de F CFA (près de 2,5 milliards d’euros) d’investissements nécessaires à la construction de 560 km de chemin de fer entre Boué et le gisement de Belinga et d’un port en eau profonde destiné à l’évacuation du minerai au cap Santa-Clara.

Les compteurs sont remis à zéro, ce qui ramène dans la course le géant brésilien Vale, leader mondial du secteur, qui ne désespère pas de récupérer ce gisement d’un minerai à haute teneur en fer (64 %) et dont les réserves sont estimées à 1 milliard de tonnes.