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Cet article est issu du dossier «Gabon : faut-il croire à l'émergence ?»

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Économie

Gabon : étoiles, fourchettes et Coupe d’Afrique des nations

L'Etat gabonais a racheté l'Okoumé Palace (Libreville) au Libyen Laico. © David Ignaszewski pour J.A.

Organisation de la CAN 2012 oblige, le parc hôtelier a été remis à niveau dans l'urgence. Il en avait bien besoin ! Les autorités gabonaises distribuent désormais les bons points aux structures d'hébergement et aux restaurants.

Organiser la 28e Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football a suscité bien des inquiétudes. L’événement, qui se tient depuis le 21 janvier et jusqu’au 12 février 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale, a révélé la très faible capacité d’accueil du pays. Avec un parc hôtelier vieillissant et plusieurs chantiers inachevés, dont ceux des hôtels Dialogue et Rapontchombo, à Libreville, il devenait urgent d’accélérer. D’autant qu’à un an de l’échéance, un inventaire commandité par le ministère du Tourisme constatait un cruel déficit de près de 2 000 chambres.

De gros efforts ont donc été déployés pour combler cette carence. Au bout du compte, huit hôtels, dont trois à Libreville, ont été construits pour les besoins de la compétition. Ils accueillent actuellement les délégations officielles, la presse internationale et les visiteurs de la CAN 2012. Les invités partis, ces établissements vont devoir trouver une place dans un paysage hôtelier devenu plus concurrentiel. Mieux vaut tard que jamais, étant donné que le Gabon souhaite se positionner comme pays hôte d’événements internationaux.

L’organisation du tournoi a également rebattu les cartes dans l’hôtellerie de tourisme. L’Okoumé Palace de Libreville, l’un des principaux établissements existants, a changé de propriétaire. Contre un chèque de 12 milliards de F CFA (18,3 millions d’euros), l’État l’a racheté en décembre à la Libyan African Investment Company (Laico), soit pour 2 milliards de plus que le prix auquel l’hôtel avait été cédé, en 2007, au groupe d’investissement libyen. La décision de ramener cet établissement dans le portefeuille des entreprises à capitaux publics relève d’un constat d’échec. En effet, lors de la signature de la convention, le repreneur libyen s’était engagé à investir dans la réhabilitation de l’immeuble. En dépit des mises en demeure des autorités, les travaux n’ont jamais été effectués. Détruit en 2008, l’hôtel Dialogue n’a pas non plus été reconstruit par le groupe libyen, qui avait pourtant promis de bâtir un complexe hôtelier sur le beau site du front de mer. Les rêves d’expansion de Laico s’étant évanouis avec la disparition de Kadhafi, les Libyens ont quitté le pays. Mais d’autres investisseurs sont prêts à parier sur le tourisme gabonais.

Ainsi, après plus d’un an de négociations, le singapourien Amanresorts et les autorités gabonaises ont conclu le 11 janvier un protocole d’accord pour la construction de six hôtels et lodges haut de gamme, à Libreville et dans cinq parcs nationaux. De même, l’américain Marriott envisagerait de construire un hôtel de luxe à Libreville, faisant ainsi du Gabon le point de départ de son implantation en Afrique centrale. Le groupe y trouvera des concurrents à l’expérience africaine éprouvée, à l’instar du français Accor : « Nous sommes complets du 3 au 13 février », se félicite Pascal Fouquet, patron du Méridien Re-Ndama de Libreville. Pour réserver le meilleur accueil aux participants et visiteurs de la CAN 2012, l’enseigne étoilée a « rafraîchi » ses chambres, renouvelé ses équipements et fait venir de Bruxelles des formateurs de la chaîne pour améliorer la qualité du service.

La classe !

Ce type d’efforts sera désormais récompensé par la Direction générale de l’hôtellerie et du contrôle des hôtels (DGHCH), qui, le 28 novembre, a lancé une opération d’évaluation de tous les établissements d’hôtellerie et de restauration du pays afin de se conformer aux desiderata de la Confédération africaine de football, qui exige que les délégations officielles bénéficient d’un hébergement de trois étoiles au moins.

La DGHCH attribue donc désormais des fourchettes aux restaurants et des étoiles aux hôtels, en fonction de critères tels que la surface du hall d’accueil, des chambres et des salles de bains, la disponibilité de l’eau chaude, la climatisation, la présence d’au moins un ascenseur selon l’architecture du bâtiment ou encore le nombre de langues étrangères parlées par le personnel. De quoi aligner les prestations sur les standards internationaux.

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