Société

Marine et Jean-Marie Le Pen : tel père telle fille, à quelques nuances près

Immigration, politique familiale, sécurité… Excepté au niveau économique, Marine Le Pen se situe à quelques nuances près dans le droit fil de son père Jean-Marie. Petite piqûre de rappel.

Mis à jour le 8 février 2012 à 15:42

Marine Le Pen lors du défilé de Jeanne d’Arc, le 1er mai 2001 à Paris. © Bertrand Langlois/AFP

« Priorité nationale ». La candidate du Front national Marine Le Pen n’invoque plus la « préférence nationale » (le célèbre « je préfère ma soeur que ma cousine, et ma cousine que ma voisine » de Jean-Marie Le Pen). Elle a choisi le terme plus neutre de « priorité nationale » et parle de « patriotisme social » pour signifier qu’elle réserverait en priorité l’emploi, les aides sociales et le logement aux Français. « Nous ne sommes pas contre l’immigration, mais contre les flux migratoires massifs dans un pays très affaibli économiquement », explique-t-elle en accusant le patronat « d’utiliser la main-d’oeuvre étrangère comme un outil d’esclavagisme moderne » pour faire baisser les salaires.

Réduction de l’immigration. Marine Le Pen promet de réduire l’immigration légale à 100 000 personnes par an et de supprimer le regroupement familial. Au bout de un an d’inactivité, les étrangers présents depuis moins de dix ans en France seraient renvoyés dans leur pays. Pour les clandestins, ce serait l’« expulsion immédiate ».

Aides sociales. Les aides sociales seraient remises à plat. Délinquants et criminels récidivistes passibles de plus de un an de prison en seraient privés. L’accès aux allocations familiales serait réservé aux familles dont un parent au moins est français ou européen.

Déchéance de nationalité. Toute personne ayant acquis la nationalité française depuis moins de dix ans pourrait se la voir retirer si elle commettait un crime ou un délit durant cette période probatoire.

Les binationaux sont dans le collimateur. Motif : leur "double allégeance" constitue un "puissant frein à leur assimilation".

Binationalité. Les binationaux sont dans le collimateur. Motif : leur « double allégeance » constitue un « puissant frein à leur assimilation » et risque de « peser sur la politique extérieure de la France ». Marine Le Pen oublie au passage que certains, comme les Marocains, ne peuvent répudier leur nationalité d’origine. Harkis et rapatriés d’Algérie sont, eux, au centre de toutes ses attentions, et elle rejette la commémoration des accords d’Évian.

Des bébés « français ». Avec les 40,5 milliards d’euros d’économies qu’elle pense réaliser en cinq ans en réduisant drastiquement l’immigration, la candidate frontiste espère financer ses priorités, parmi lesquelles « une grande politique nataliste comme en Pologne ». Elle créerait notamment un revenu parental égal à 80 % du smic pour toutes les femmes à partir de leur deuxième enfant.

Ordre public. La « tolérance zéro » est de mise, sans trop de précision : fouille des caves pour lutter contre le trafic de drogue, « contrôle de trains de vie suspects » (visés : les Roms, qui « circulent en berline »)… Le tout passe par le « réarmement moral » des forces de l’ordre, avec l’instauration d’une « présomption de légitime défense » (ce sera à la hiérarchie de prouver qu’un agent a eu tort).

Laïcité. Pour défendre ce principe, Marine Le Pen compte « libérer les quartiers des intégristes » et interdire le port du voile ou de tout signe religieux ostentatoire aux usagers des services publics (et pas seulement à leurs agents).