Politique

Syrie : Asma al-Assad, la femme fidèle

Bachar Al-Assad et sa femme Asma à Damas, le 30 juin 2011. © AFP

Dans un e-mail transmis au Times, Asma al-Assad l'épouse du président syrien, Bachar al-Assad, sort de sa réserve pour apporter son soutien à son mari.

Elle ne s’était pas exprimée depuis près de un an. Asma al-Assad, 36 ans, a enfin rompu le silence. Le 7 février, le quotidien britannique The Times a publié un e-mail envoyé par son bureau : « Le président est le président de la Syrie, non d’une faction de Syriens, et la première dame l’appuie dans ce rôle. » Le 11 janvier, Asma avait fait une timide apparition à une manifestation, peu spontanée, de soutien à son mari, Bachar. En pull et anorak, les boucles dorées de sa chevelure ramenées sous un bonnet, celle qu’on disait la plus glamour des premières dames arabes était l’ombre d’elle-même. Son regard, naguère pétillant, semblait perdu dans le vide, et son sourire forcé paraissait exprimer une angoisse muette

Anesthésiée

« Elle s’occupe également d’encourager le dialogue. Elle est à l’écoute et réconforte les familles victimes de la violence », poursuit l’e-mail. Est-elle allée à Homs, sa ville d’origine, consoler les proches de ses coreligionnaires sunnites tués par centaines ces dernières semaines ? Cette compassion affichée s’accorde mal avec l’indifférence qu’elle manifesterait face à la tourmente, selon les rares témoins qui ont pu l’approcher. On la dit détachée, insensible, comme anesthésiée. Au début des manifestations, en mars 2011, certains la voyaient comme un ange parmi les démons, convaincus de son rôle modérateur auprès du despote. Mais 6 000 morts plus tard, son soutien infaillible aux agissements de son mari la fait paraître sous un jour plus sombre.

Née en Angleterre dans une famille de la bourgeoisie sunnite syrienne, Emma – comme on la surnomme alors – s’occupait de fusions-acquisitions quand Bachar, étudiant en ophtalmologie à Londres, a jeté son dévolu sur elle. Il voulait être médecin, mais il a dû prendre la succession de son père, Hafez. Elle s’était alors vue en Lady Di du Levant. Quand les deux jeunes fiancés se sont mariés, en 2000, quelques mois après la mort de Hafez, elle était en effet la plus belle fleur du printemps de Damas, cette période d’espoirs démocratiques qui a suivi l’accession de Bachar Al-Assad à la présidence. Isolée dans sa tour d’ivoire, à quoi peut bien rêver aujourd’hui l’épouse du paria des nations ?

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