Droits de l’homme

Discrimination : le (triste) état des lieux de l’homosexualité en Afrique

L'homosexualité est punie par la loi dans la plupart des États du continent. © AFP

Plusieurs responsables occidentaux font la leçon aux pays africains pour qu'ils respectent les droits des homosexuels. Mais, au fait, où en est le continent ?

« Il faut en finir avec les discriminations liées à l’orientation sexuelle, ignorées et parfois approuvées par de nombreux États », a lancé Ban Ki-moon le 29 janvier, lors du dernier sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Le secrétaire général des Nations unies a ainsi exhorté les pays africains à respecter les droits des homosexuels, « souvent traités comme des citoyens de seconde classe, voire comme des criminels ». Le 10 décembre déjà, lors de la Journée mondiale des droits de l’homme, Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, avait elle aussi prononcé un vibrant plaidoyer en ce sens. Un mois plus tôt, David Cameron, le Premier ministre du Royaume-Uni, avait menacé d’exclure des programmes d’aide britanniques les pays qui bafouent les droits des homosexuels. Il n’est pourtant pas certain que ces interventions successives rencontrent un large écho sur le continent. Plusieurs exemples récents démontrent qu’on est, au contraire, très loin des avancées escomptées.

Les relations sexuelles entre hommes en Afrique (cliquer pour agrandir)

Non seulement l’homosexualité est punie par la loi dans la plupart des États du continent, mais des pays comme l’Ouganda envisagent de durcir leur législation, prévoyant jusqu’à la peine de mort en cas de « récidive » ou d’« homosexualité aggravée ». Au Nigeria, un projet de loi vise à interdire les organisations de défense des droits des homosexuels ainsi que toute manifestation publique d’affection entre personnes du même sexe.

Certaines déclarations laissent augurer du pire. Comme celle de Yahya Jammeh, le président gambien, qui promet d’expulser les homosexuels de leur domicile. En Tunisie, Samir Dilou, le ministre des Droits de l’homme, a menacé d’interdire Gayday, le premier magazine gay du pays. Pour lui, « la perversité n’a rien à voir » avec la liberté individuelle. Le Zimbabwéen Robert Mugabe, lui, se plaît à répéter que les homosexuels sont « pires que des chiens ». Un espoir tout de même : Morgan Tsvangirai, son Premier ministre, promet d’inscrire leurs droits dans la prochaine Constitution. Comme l’Afrique du Sud, qui peut se vanter d’avoir l’une des législations les plus libérales au monde. 

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