Défense

Rébellion au Mali : pourra-t-on voter à la présidentielle ?

La classe politique oeuvre à trouver une issue rapide à la crise du Nord-Mali. © AFP

Alors que les combats opposant l'armée malienne à la rébellion touarègue s'intensifient, chacun se demande si l'élection présidentielle et le référendum constitutionnel auront lieu comme prévu, le 29 avril. Éléments de réponse.

« On prépare la présidentielle comme si de rien n’était, déclare-t-on à l’état-major du candidat indépendant Modibo Sidibé. Tant qu’il n’y a pas de nouvelle directive, pour nous, le scrutin a lieu le 29 avril. » Tout comme à la Commission électorale nationale indépendante malienne et à la Délégation générale aux élections, où l’on est bien avancé : les listes électorales sont en phase de finalisation, les bulletins commandés, et la formation des agents est en cours.

Pourtant, à deux mois de la prési­dentielle et du référendum constitutionnel, les combats qui opposent le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) à l’armée malienne s’intensifient et hypothèquent la tenue des scrutins.

Si la Constitution stipule, en son article 118, qu’« aucune procédure de révision [constitutionnelle, NDLR] ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire », elle ne dit rien, en revanche, sur l’organisation d’un scrutin présidentiel, laissant la porte ouverte à une multitude d’interprétations. « Ce flou constitutionnel laisse au chef de l’État et aux partis politiques le soin de définir la marche à suivre », analyse Me Mamadou Konaté, avocat et militant des droits de l’homme. D’aucuns expliquent que le pays s’est déjà retrouvé dans cette situation : en 1992, les législatives avaient été décalées dans la région de Kidal en raison d’une rébellion touarègue.

Cessez-le-feu

« La situation est différente aujourd’hui, s’inquiète Tiébilé Dramé, en lice pour conquérir le Palais de Koulouba sous les couleurs du Parti pour la renaissance nationale (Parena). Cette fois, l’insécurité touche trois grandes régions que sont Gao, Kidal et Tombouctou. »

Aussi la classe politique oeuvre-t-elle à trouver une issue rapide à la crise. Une plateforme regroupant notamment l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema, majoritaire à l’Assemblée) de Dioncounda Traoré, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) de Choguel Maïga et le Parena a proposé au président, Amadou Toumani Touré, un ensemble de mesures. Outre l’envoi d’une délégation à la rencontre des autorités religieuses et traditionnelles de la région de Kidal pour obtenir un cessez-le-feu, ces formations proposent l’organisation d’un forum national pour la paix et la stabilité dans le Nord, si possible avant la présidentielle.

« Ou alors on pourrait faire voter les déplacés et réfugiés, comme en Guinée », suggère un observateur. Pour peu que le gouvernement prenne dès maintenant les dispositions logistiques… Dans les coulisses du pouvoir, l’on préfère se raccrocher à l’idée d’un retour au calme dans les meilleurs délais. Et l’on rappelle que le 29 avril n’est pas la seule date possible. « Dans le pire des cas, conformément aux dispositions de la loi électorale, la présidentielle peut se tenir jusqu’au 20 mai », fait-on valoir. Dernière solution possible : confier le pouvoir en interim pendant quelques mois au président de l’Assemblée, qui n’est autre que Dioncounda Traoré, lui même candidat… Quant au dépoussiérage de la Constitution, aucune loi n’en fixe de date limite.

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