Économie

La Communauté d’Afrique de l’Est lance son union monétaire

Dans la perspective d'une monnaie unique, les États de l'EAC vont établir une banque centrale commune.

Dans la perspective d'une monnaie unique, les États de l'EAC vont établir une banque centrale commune. © Reuters

Les États de la Communauté d’Afrique de l’Est ont signé un accord pour la mise en place d’une union monétaire, et à terme, une monnaie unique.

Le chef d’État kényan, et ses homologues rwandais, burundais, tanzanien et ougandais (respectivement Uhuru Kenyatta, Paul Kagamé, Pierre Nkurunziza, Jakaya Kikwete et Yoweri Museveni) ont signé un protocole d’accord le 30 novembre pour poser les bases d’une union monétaire, préalable à la création d’une monnaie commune. Ce protocole devrait leur permettre de faire progressivement converger leurs monnaies ainsi que d’augmenter les échanges commerciaux dans la région. Les cinq États ont déjà mis en place une union douanière ainsi qu’un marché commun.

Dans la perspective d’une monnaie commune, les États de l’EAC entendent harmoniser leurs politiques monétaires et fiscales et établir une banque centrale commune. Le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda présentent déjà leurs budgets simultanément tous les mois de juin.

Intégration

« La promesse de développement économique et de prospérité dépend de la solidité de notre intégration », a déclaré le président kényan – qui a récemment pris la présidence de l’EAC – lors d’un sommet réunissant les cinq chefs État à Kampla, en Ouganda. « Nous avons désormais le cadre requis pour débloquer l’intégration. L’union permettra d’éliminer les coûts liés à l’utilisation de plusieurs monnaie et de réduire les coûts de transaction. »

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Ce projet d’union monétaire, dans une région qui compte 135 millions d’habitants et qui est devenue une nouvelle frontière pour l’exploration de pétrole et de gaz, vise également à attirer les investissements étrangers et permettre aux pays de la communauté de se passer de l’aide extérieure. « Les investissements étrangers auront de nouvelles raisons de s’implanter dans notre région. »

Exigences

L’accord, qui a été signé à Kampala, intervient après presque dix ans de pourparlers. « La signature du protocole d’accord d’union monétaire en Afrique de l’Est est l’aboutissement logique de tous nos efforts d’intégration », a déclaré Uhuru Kenyatta.

En septembre dernier, les ministres des Finances d’Afrique de l’Est ont finalisé et signé les règles auxquelles les États membres doivent souscrire avant le lancement de l’union monétaire. Le protocole contient des exigences strictes pour les pays partenaires. Ces derniers doivent maintenir un ratio dette/PIB inférieur à 50 % et ne doivent pas dépasser un plafond de déficit budgétaire de 3 %. Les États doivent également maintenir une pression fiscale inférieure à 25 % du PIB, conserver des réserves de change équivalentes à quatre mois et demi d’importations et tenir l’inflation sous la barre des 8 %.

Ces derniers mois le climat était aux tensions au sein de la communauté, alors que le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda ont monté des projets d’infrastructures communs en laissant derrière eux la Tanzanie et le Burundi. Un rapprochement qui a été ouvertement dénoncé par les deux pays.

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