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Vent de réformes sur les entreprises cotonnières en Afrique

L'afrique représente 5% de la production mondiale de coton. © SOURCE : ICAC, 2011-2012

La crise des années passées dans la filière coton a au moins le mérite de pousser les sociétés africaines à se réorganiser. En prévision du pire.

C’est la dégringolade. De 2 dollars en mars 2011, le prix de la livre de coton à New York est passé à moins de 1 dollar depuis novembre. Le spectre d’une nouvelle crise plane au-dessus de la filière africaine, dont le seuil de rentabilité se situe autour de 0,80 dollar. La crainte de revivre le cauchemar d’un cours à 0,60 dollar, comme de 1998 à 2010, est palpable.

S’il se confirmait, ce scénario serait d’autant plus tragique que l’Afrique n’a pu pleinement profiter de cette parenthèse faste, car une partie de sa production 2010-2011 a été vendue avant la hausse des cours. La saison 2011-2012 sera certes meilleure, mais un manque de réactivité pourrait pénaliser le secteur. Les producteurs africains vont accroître leurs surfaces cotonnières de 5 % à 6 %, alors que le reste du monde (Chine et États-Unis en tête) les a déjà réduites.

Pour le moment, les cotonculteurs africains savourent une fin de campagne exceptionnelle. La production de coton-graine a fortement augmenté, passant de 1,79 million de tonnes en 2010-2011 à 2,32 millions. Si les prix soutenus alimentent cette dynamique, c’est également le fruit des réformes engagées par les entreprises. Exemple avec CotonTchad, liquidé pour laisser la place depuis janvier à CotonTchad Société nouvelle, assainie et capitalisée par l’État à hauteur de 5 milliards de F CFA (7,6 millions d’euros). Entièrement publique, elle récoltera 70 000 t cette année, le double d’il y a deux ans, avec un objectif de 300 000 t en 2016. Entre-temps, elle ouvrira son capital aux producteurs et au secteur privé. Geocoton, Société générale et Somdiaa ont déjà montré leur intérêt.

Crédits ressérés

Même constat au Cameroun. La Sodecoton (parapublique) prévoit plus de 180 000 t de coton-graine (162 000 t un an plus tôt). Crédits aux producteurs resserrés, fonds de réserve opérationnel depuis cette année, plan de diversification des cultures (vers le soja) en cas de chute des cours… Réformée, la société sera bénéficiaire et ambitionne d’expérimenter les OGM dès cette année.

L’Agence centrafricaine de développement agricole prévoit, elle, une production d’environ 22 000 t (10 000 t la saison précédente). La reprise de la culture dans des zones rebelles a nettement contribué à cette hausse, et la bonne tenue des cours a permis à l’État d’épargner le 1,5 milliard de F CFA qu’il injectait chaque année sous forme de subventions. Seul bémol, la réforme des sociétés publiques engagée par le gouvernement a retardé la collecte.

En Côte d’Ivoire, enfin, la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles (CIDT) produira 17 000 t (contre 14 000 t l’année précédente) et prévoit un bénéfice de 1 milliard de F CFA. La CIDT attend en outre une décision rapide du ministère de l’Agriculture sur un plan de relance présenté récemment. Afin d’apurer les dettes (8 milliards de F CFA), d’investir dans l’outil industriel et d’avoir un fonds de roulement, ce programme de relance prévoit 22 milliards de F CFA sur trois ans. Pour tous, l’espoir est donc permis. Même s’il reste suspendu aux humeurs des marchés.

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