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Cet article est issu du dossier «Guinée : Alpha Condé à l'épreuve»

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Politique

Guinée : la cohésion, du provisoire au long terme

Malgré le manque de moyens, les coprésidents de la Commission de réconciliation commencent à écouter les victimes des évènements qui ont ensanglanté la Guinée.

Mise en place mi-août 2011 par décret présidentiel, la Commission provisoire chargée de la réconciliation nationale (CPCRN) peine à définir un calendrier de travail. Deux difficultés majeures ralentissent son avancée : son caractère provisoire et l‘absence d’un véritable budget de fonctionnement. Cela n’empêche cependant pas l’archevêque Vincent Coulibaly et l’imam Saliou Camara, les coprésidents de la CPCRN, de se mettre au travail, en adoptant une démarche fondée sur la prière et l’écoute. Même si, en Guinée, il n’y a eu ni génocide ni guerre civile, les deux hommes veulent s’inspirer de l’expérience du Rwanda, où ils se sont rendus. « Nous partons de notre foi pour travailler dans le domaine de la réconciliation, explique Mgr Coulibaly. Ensuite, nous partons de la culture africaine. Nous sommes africains. Nos ancêtres ont eu des conflits, mais ils trouvaient des moyens pour s’asseoir sous l’arbre à palabres et discuter, trouver un consensus. »

L’archevêque et l’imam ont adopté une démarche fondée sur la prière et l’écoute.

Pendant les quatre premiers mois de fonctionnement de la Commission, les deux guides religieux ont écouté des victimes, qui se sont rendues individuellement ou en groupe soit auprès de Mgr Coulibaly, qui les a reçues dans son bureau à l’archevêché de Conakry, soit auprès de l’imam Camara, qui officie dans la mosquée Fayçal, la plus grande de la capitale.

Feuille de route. Certains Guinéens attendent que les deux prélats proposent la création d’une commission spéciale d’enquête sur tous les événements sanglants qui ont entaché l’histoire du pays. Et Dieu sait qu’il y en a eu. Vrais et faux complots, assassinats et purges au camp Boiro, pendaisons sous Sékou Touré, répressions meurtrières de révoltes militaires ou civiles sous Lansana Conté, massacre du 28 septembre 2009 sous Moussa Dadis Camara… La Commission doit publier très prochainement une feuille de route qui, les Guinéens l’espèrent, ne sera pas provisoire. 

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