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Cet article est issu du dossier «Tchad : après la tempête, s'ouvrir au monde»

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Tchad – BD : la galaxie Adji Moussa Abdou

Son ambition pour ajouter une corde à son arc : acquérir une imprimerie. © Abdoulaye Barry/J.A.

Caricaturiste et auteur de bande dessinée, Adji Moussa Abdou dirige l'unique journal satirique du pays. D'un trait, il souligne les dysfonctionnements de la société... pour l'améliorer.

Ce quadragénaire a une insupportable manie : souligner sans cesse ce qui ne marche pas dans la société. Né en 1968 à N’Djamena, Adji Moussa Abdou a été attiré, tout jeune, par le dessin. Il décide donc naturellement de suivre cette voie, en 1986, après avoir obtenu son baccalauréat dans un lycée technique commercial de la capitale. Le problème est qu’il n’y existe aucune école des beaux-arts. Il rencontre heureusement un peintre et architecte français établi à N’Djamena, Gérard Leclaire. Ce dernier, pour encourager quelques jeunes passionnés d’arts graphiques, accepte de les former pendant les week-ends. Les camarades de dessin créent une association, L’Atelier bulles du Chari, dont la vocation est la formation de jeunes dessinateurs.

BD et presse

Petit à petit, Adji progresse. Il dessine en 1994 dans le fanzine Sahibi (qui paraîtra jusqu’en 1998), participe en 1996 à la réalisation de la bande dessinée Palabres du Tchad et dessine son premier album individuel, Les Sao, saga inspirée de la littérature orale. De quoi se faire un nom et être embauché en tant que caricaturiste par le quotidien tchadien Le Progrès, en 1998. Cela lui permet de faire ses premiers pa s dans l’univers de la presse. Dans celui de la bande dessinée, il a déjà les deux pieds, participant à de grands festivals (Angoulême, Yaoundé, Libreville, Kinshasa, Alger…) et à des créations collectives.

En 2003, Adji Moussa Abdou fonde Le Miroir, seul journal satirique du pays, auquel collaborent des dessinateurs bénévoles et des rédacteurs rémunérés. Principale cible : les jeunes. L’association Graphi-Culture, créée par Gérard Leclaire, publie en 2005 un autre album collectif auquel participe Adji Moussa Abdou : La Grande Épopée du Tchad, qui retrace la conquête coloniale du pays. Elle a également publié Demain il fera jour, un recueil des meilleurs dessins du Miroir, croquant notamment les attaques rebelles de février 2008. Douloureux événements qui ont contraint le journal à suspendre sa parution pendant plusieurs mois.

"Le dessin ne nourrit pas"

Quatre ans après, l’aventure du Miroir – rebaptisé Miroir’Tchad – continue. Adji Moussa Abdou avoue cependant que, « même en réduisant le prix de vente au numéro, les gens ne lisent pas assez »… Dans Miroir’Tchad, il s’est fixé une ligne de conduite : « Pas de politique, mais une recherche de ce qui ne va pas pour que les choses puissent marcher. » Ce qui explique qu’il n’ait jamais le moindre problème avec l’État par rapport à ses caricatures. Comme il le souligne, « seules quelques personnes privées se plaignent et nous accusent de diffamation ». Directeur de journal, caricaturiste, sérigraphe, webmaster, publicitaire… Adji ne cesse d’alterner les casquettes. « Il faut être polyvalent, confie-t-il. Le dessin ne nourrit pas son homme. » Son ambition pour ajouter une corde à son arc : acquérir une imprimerie.

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