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RDC : course contre la montre à Kinshasa

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Le Modern Congo Trande Center (image de synthèse) comprendra un hôtel de 230 chambres.

Le Modern Congo Trande Center (image de synthèse) comprendra un hôtel de 230 chambres. © MCC

Kinshasa accueillera le XIVe Sommet de la Francophonie en octobre. Mais la capacité d’hébergement de la capitale de la RDC est loin d’être à la hauteur…

Chefs d’État et de gouvernement venus de 75 pays, personnalités politiques, du monde de la culture ou du développement… En tout, 3 000 participants sont attendus à Kinshasa, du 12 au 14 octobre, lors du 14e sommet de la Francophonie. Le coup de pub pour la capitale de la RDC est évident. Mais pour cela, « Kin » devra d’abord démontrer sa capacité à héberger tout ce beau monde. Si le problème est résolu pour les chefs d’État, accueillis dans la Cité de l’Union africaine, reste à savoir où seront logés les autres visiteurs de marque et tous les participants.

Un début de solution apparaît à La Gombe, la commune la plus huppée de la capitale, avec plusieurs ensembles hôteliers de grand standing en cours de réalisation. L’un est situé en bordure du fleuve Congo, près du Beach Ngobila, le port fluvial. Le projet du Modern Congo Trade Center, d’un montant de 100 millions de dollars (75,8 millions d’euros), comprend deux tours : l’une accueillera des commerces et des bureaux ; l’autre, de 22 étages, sera un hôtel de 230 chambres, avec plusieurs boutiques, restaurants et discothèques. Financé par Modern Construction Congo (MCC), une société immobilière dirigée par l’Indien Harish Jagtani, l’établissement sera géré par le groupe Hilton.

Toujours en bordure du fleuve, dans la partie ouest de La Gombe, c’est China Railway Engineering Corporation qui s’active autour du Centre de commerce international du Congo. Un investissement de 35 millions de dollars devrait permettre de transformer cette tour de 32 niveaux, construite sous Mobutu et appartenant à l’État, en un Hôtel du fleuve Congo de 280 chambres.

« Insuffisant »

De son côté, le Grand Hôtel Kinshasa (GHK), détenu à parité par l’État et la Compagnie de distribution africaine, du Belge Philippe de Moerloose, réhabilite l’un des bâtiments vides. Le GHK mettra 420 chambres à la disposition de sa clientèle, dont plusieurs suites et appartements, lorsque les travaux réalisés par l’italien Consonni, d’un montant de 40 millions de dollars, seront terminés. Avec le Memling, propriété de la Compagnie des grands hôtels africains, qui comprend 180 chambres, La Gombe disposera alors de quatre cinq-étoiles, soit environ 1 200 chambres. « C’est insuffisant quand la ville doit héberger de grandes manifestations », assure Romain Felber, administrateur délégué du GHK.

80%  C’est la proportion d’établissements kinois n’ayant aucune étoile.

Tout n’est donc pas réglé. La capitale congolaise compte officiellement 1 049 hôtels et 12 474 chambres, mais elle manque cruellement de structures de moyen standing. Les trois et quatre-étoiles, principalement localisés à La Gombe, ne représentent que 2 % du parc. Selon un rapport de la division urbaine du tourisme du gouvernorat, 80 % des établissements de Kinshasa n’ont aucune étoile.

Addition salées

De nombreux hôtels ont été créés par des hommes d’affaires locaux qui ont peu d’expérience dans ce secteur. Du coup, la conception des chambres, le confort et les services laissent à désirer, alors que les additions sont souvent salées. Les prix varient de 150 à 200 dollars la nuitée et peuvent dépasser les 300 dollars. Une dérive qui s’explique par la concurrence limitée, l’obligation d’importer de nombreux produits et la pratique des exclusivités. Le GHK dépense ainsi 20 000 dollars par mois pour sa seule connexion internet.

Conscient des problèmes, le commissariat général du Comité national d’organisation du 14e sommet de la Francophonie cherche des solutions. « Nous avons sélectionné les établissements qui présentent un certain confort dans trois zones – La Gombe, Ma Campagne et Lingwala – où se dérouleront les principaux événements. Les hôteliers doivent faire un effort pour mettre à niveau leurs équipements et former leur personnel. Nous prendrons des dispositions pour bloquer les prix pendant le sommet », assure Isidore Ndaywel, le commissaire général. Sera-t-il entendu ? 

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