Économie

Bercy entend lancer un nouveau partenariat économique Afrique-France

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Mis à jour le 4 décembre 2013 à 10:16

Avec l’organisation d’un forum pour un nouveau modèle économique de partenariat entre l’Afrique et la France, le ministère de l’Économie et des Finances entend donner un avant-goût économique aux journées Afrique-France organisées par l’Élysée. De nombreuses personnalités ont répondu à l’appel de Pierre Moscovici.

« L’Afrique a accompli sa deuxième indépendance, l’indépendance économique ». C’est ainsi que Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie et des Finances, a introduit le Forum pour un nouveau modèle économique de partenariat entre l’Afrique et la France, organisé conjointement par Bercy et le Medef international. À l’occasion du Sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, qui se tiendra les 6 et 7 décembre 2013, 600 participants, qu’ils soient chefs d’entreprises, membres de gouvernement africains, représentants d’organisations régionales africaines ou dirigeants d’institutions financières assistent à ce forum entièrement consacré au thème des partenariats économiques, industriels et financiers entre les entreprises africaines et françaises.

L’Afriqe n’est plus à prendre, elle demande à être développée équitablement.
Moulay Hafid Elalamy

Bercy veut s’appuyer sur les quelque 62 000 entreprises et micro-entreprises françaises actives en Afrique pour renouveler la relation entre le continent et la France. La conférence espère ainsi montrer « les nouveaux visages des partenariats entre acteurs privés africains et français ». Pour ouvrir la journée, la première séance rassemble des personnalités prestigieuses du monde économique africain, notamment Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria, et Moulay Hafid Elalamy, homme d’affaires et ministre de l’Industrie et du Commerce marocain.

« L’Afrique est devenue centrale, convoitée par les puissances émergentes. Où était la France pendant cette décennie de recomposition de l’ordre mondial ? Elle a perdu un peu de temps a se demander comment se positionner par rapport à ce continent qu’elle a considéré comme une chasse gardée », a admis le ministre français avant d’affirmer que la France a « besoin de l’Afrique, le continent des opportunités et des perspectives de croissance de demain ».

Fidèle à sa réputation de femme au caractère bien trempé, la ministre nigériane Ngozi Okonjo-Iweala s’est montrée d’entrée de jeu offensive, affirmant que les partenaires comme la France pourraient avoir à « travailler un peu plus durement pour nous convaincre » reconnaissant cependant que l’Hexagone restait l’un des principaux partenaires commerciaux du Nigeria. Elle a ensuite mis l’accent sur le rôle des financements privés pour le financement des infrastructures dans un contexte réglementaire de plus en plus favorable, invitant les investisseurs français à se manifester : « Il est temps pour la France de rentrer : si vous n’êtes pas en Afrique maintenant, vous ratez l’occasion d’une vie ! » Moulay Hafid Elalamy a renchéri, affirmant : « L’Afrique n’est plus à prendre, elle demande à être développée équitablement ». Les bases de la journée sont posées.

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Rapport officiel de Hubert Vedrine et Lionel Zinsou

En outre, les débats organisés tout au long de la journée doivent accorder une place centrale aux propositions de la mission confiée par Pierre Moscovici à Hubert Vedrine, ancien ministre des Affaires étrangères, Hakim El Karoui, Jean-Michel Severino, Tidjane Tiam, Lionel Zinsou, dont le rapport sera officiellement remis à l’occasion de cette journée et présenté lors d’une conférence de presse.

Cette manifestation sera également marquée par la présence de François Hollande, qui clôturera l’événement accompagné de Macky Sall, président du Sénégal, d’Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire et de Jakaya Mrisho Kikwete, président de la Tanzanie.