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Cet article est issu du dossier «Des élections pour changer l'Algérie ?»

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Diplomatie

Algérie : intérêt national et opinion internationale

Abdelaziz Bouteflika et Hillary Clinton, lors de sa visite en Algérie, samedi 25 février.

Abdelaziz Bouteflika et Hillary Clinton, lors de sa visite en Algérie, samedi 25 février. © Farouk Batiche/AFP

Ces derniers mois, l’appareil diplomatique algérien a été mobilisé pour expliquer aux partenaires occidentaux comment le pays veut et peut changer sans révolution.

Comment un ambassadeur ou un consul en poste à l’étranger peuvent-ils contribuer à la réussite d’un processus de consolidation de la démocratie qui, par définition, est endogène – préparé par l’exécutif, discuté et adopté par le Parlement et promulgué par le chef de l’État ? Tous les services du ministère des Affaires étrangères ont pourtant été mobilisés pour la réussite des réformes politiques initiées par le président Abdelaziz Bouteflika au lendemain des révolutions arabes. « Notre mission, confie un diplomate algérien en poste à Bruxelles, consistait à convaincre du sérieux de la démarche, de la bonne foi du pouvoir et de la nécessité pour nos partenaires de s’y associer par l’envoi d’observateurs. »

La première étape consistait à répondre aux interrogations de la communauté internationale à propos de l’exception algérienne. Comment ce pays, présenté comme le moins stable de la sous-région, a-t-il pu éviter les vents révolutionnaires qui soufflaient sur le Maghreb ? Avec un argumentaire bien rodé, les diplomates algériens ont cité pêle-mêle le douloureux épisode du Front islamique du salut (FIS, dissous en mars 1992 au lendemain de l’interruption du processus électoral), la tragique décennie des Groupes islamiques armés (GIA), puis les bienfaits de la réconciliation nationale et, enfin, les efforts de reconstruction du pays.

Les efforts se sont concentrés plus particulièrement sur l’Union européenne et les Etats-Unis

L’Union africaine (UA), l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et la Ligue arabe, fidèles partenaires des bons comme des mauvais jours, ont été quelque peu délaissées au profit d’interlocuteurs réputés plus méfiants à l’égard des autorités d’Alger. Les efforts se sont donc concentrés sur les capitales occidentales, avec pour objectif de convaincre l’Union européenne (UE), qui n’avait jamais dépêché d’observateurs lors d’un scrutin législatif, de le faire pour les élections à l’Assemblée populaire nationale (APN) de mai 2012.

Dès l’annonce par le président Abdelaziz Bouteflika du programme de réformes, le 15 avril 2011, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, invitait à Alger le Tchèque Stefan Füle, commissaire européen à l’Élargissement et à la politique de voisinage. Ce voyage a été suivi de deux autres missions européennes d’évaluation du processus politique. Le chef de la diplomatie algérienne s’est pour sa part rendu à plusieurs reprises à Bruxelles et Strasbourg pour présenter des rapports d’étape à la Commission européenne et au Parlement européen.

Convaincre

Tous ces efforts ont été couronnés, le 20 mars, par la signature entre Algériens et Européens d’un mémorandum pour les conditions de travail et de séjour de 500 observateurs que la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton, a décidé de dépêcher pour le scrutin législatif du 10 mai. « Nous sommes conscients que ces réformes reflètent la volonté politique, au plus haut niveau, de mettre en oeuvre les changements nécessaires dans l’intérêt de la population, souligne Stefan Füle. En signant le mémorandum, je sais aussi qu’elles sont difficiles à entreprendre. »

Autre cible de la diplomatie algérienne : Washington. Si la coopération entre l’Algérie et les États-Unis en matière de lutte antiterroriste est exemplaire, le dialogue politique est, en revanche, plus compliqué. Cela n’a pas empêché la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, de flatter ses interlocuteurs lors de son passage à Alger, le 25 février, sur les réformes politiques engagées. Elle a promis d’inciter la Fondation Carter et le National Democratic Institute (NDI) à envoyer des observateurs afin de constater la régularité des opérations de vote. Des observateurs « réputés rigoureux » que le gouvernement tient tout particulièrement à convaincre « du bien-fondé de [la] démarche et de la sincérité de [la] volonté de changement », ainsi que le souligne le porte-parole de la diplomatie algérienne, Amar Belani. 

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