Politique

France : Patrick Buisson, le grand sorcier de Sarkozy

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Mis à jour le 16 avril 2012 à 15:54

Stratège, voire gourou, de Nicolas Sarkozy, il se flatte de saisir l’humeur électorale des Français.

« Il y a très peu de personnes dont je puisse dire "si je suis là, c’est grâce à eux". Patrick Buisson est de ceux-là. » Cette déclaration de Nicolas Sarkozy, faite en novembre 2007, en dit long sur l’influence de ce personnage qui évite soigneusement le feu des projecteurs.

Issu de la droite radicale (il fut responsable dans les années 1980 de l’hebdomadaire Minute), cet homme de 63 ans est devenu l’un des conseillers les plus écoutés du chef de l’État, qui se dit impressionné par sa capacité à saisir l’humeur des Français. Tout a commencé en 2004 quand Buisson s’est présenté devant celui qui était encore ministre de l’Intérieur pour lui prédire la victoire du non quelques mois avant la tenue du référendum sur la Constitution européenne de mai 2005.

Deux ans plus tard, il contribue à la victoire du candidat Sarkozy à l’élection présidentielle en lui soufflant la stratégie pour siphonner une bonne partie des voix du Front national. « C’est le meilleur observateur politique. Le plus intelligent, le plus sérieux. Un professionnel remarquable, qui a mis ses talents au service des puissants », dit de lui Jean-Marie Le Pen.

Buisson a donc choisi d’être aux côtés du président. Sûr de ses compétences, celui que l’on surnomme Fantômas – et qui dirige la chaîne Histoire, filiale de TF1, et la société de conseil Publifact – affirme que son champion va remporter la présidentielle malgré les sondages défavorables. « Ils ne sont que des instantanés qui donnent l’illusion du réel. En peinture, cela s’appelle un trompe-l’oeil », expliquait-il en mars. Reste à savoir si sa trop grande assurance ne finira pas par lui jouer des tours. Épinglé par la Cour des comptes en 2009 pour ses services facturés à l’Élysée sans appel d’offres, il ne s’est pas non plus fait que des amis. Henri Guaino, l’autre éminence grise de Sarkozy, n’apprécie guère d’avoir été relégué au second plan. « Ce sont les Français qui vont décider. Moi, je ne fais pas de pronostics », confie-t-il. Une critique à peine voilée dont se moque un Buisson persuadé de sonder les reins et les coeurs.