Économie

Algérie : la Cour des comptes accable le gouvernement

Dans son rapport d’appréciation sur l’exercice 2011, la Cour des comptes appelle le gouvernement algérien à la rationalité dans les dépenses publiques et fait état de dépassements dans la gestion de l’argent public dans plusieurs ministères, notamment la Culture, la Solidarité nationale et la Santé.

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Mis à jour le 4 décembre 2013 à 12:17

L’État algérien n’est pas un bon gestionnaire. Selon le rapport de la Cour des comptes sur l’année budgétaire 2011, adressé à l’Assemblée populaire nationale (APN) et dont des extraits ont été publiés dans la presse mardi 3 décembre, le département de Khalida Toumi, ministre de la Culture, n’a pas encore présenté le bilan de la manifestation « Tlemcen, capitale de la Culture islamique », qui s’est tenue en 2012. « En avril 2012, soit une année après l’achèvement des festivités, le bilan définitif de la manifestation n’est pas encore élaboré », déplore la Cour des comptes qui relève l’absence de bilan de la gestion du patrimoine culturel national par le même ministère.

Onea

La Cour des comptes fait état de dépenses non facturées, de non-respect des règles d’octroi de subventions publiques aux associations, de manque de maturation des projets… Elle cite l’exemple d’une subvention de 211 millions de dinars (2 millions d’euros) accordée par le ministère de la Solidarité nationale à l’Organisation nationale des étudiants algériens (Onea). Ce montant, précise le rapport, représente 59 % des subventions totales accordées à l’ensemble des associations. La Cour des comptes se demande comment une association estudiantine a pu bénéficier d’une subvention aussi importante et révèle que l’Onea est présidée par un haut fonctionnaire du ministère de la Solidarité nationale.

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Cette association a bénéficié d’une autre subvention, du même ministère, de 2,24 milliards de dinars (20 millions d’euros) pour l’acquisition de bus scolaires, alors « qu’une opération planifiée datant de 2007 pour l’achat de 800 bus n’a pas été exécutée », ajoute le rapport. En 2011, le ministère de la Solidarité nationale était dirigé par Saïd Barkat.

La Cour des comptes signale aussi le « non-respect des conditions d’octroi des subventions » aux associations par le ministère de la Jeunesse des sports.

Crédits budgétaires

Dans le secteur de la Santé, la Cour des comptes relève la hausse des budgets de fonctionnement et la stagnation des projets réalisés. Elle pointe du doigt l’utilisation des crédits budgétaires à des fins « autres que celle pour laquelle ils ont été expressément accordés » par les ministères des Affaires étrangères, des Moudjahidin (anciens combattants), des Transports et de la Justice.

Le rapport de la Cour des comptes, qui lève une partie du voile de la gestion opaque de l’argent public en Algérie, n’a suscité aucune réaction du gouvernement, ni de la justice, dans un contexte marqué par la multiplication des scandales de corruption. Le gouvernement algérien continue ainsi de dépenser sans compter l’argent issu des exportations d’hydrocarbures, loin de tout contrôle.