Politique
Niger : l’effet Issoufou

Cet article est issu du dossier

Niger : l’effet Issoufou

Voir tout le sommaire
Culture

Mohamed Wan Jada : voyage en plein Aïr

Mis à jour le 13 avril 2012 à 15:06

Mohamed Wan Jada est un Nigérien passionné par sa région, l’Aïr. Et il aime faire découvrir.

Le désert, la route, les bivouacs… Voilà pour les points communs entre le quotidien de Mohamed Wan Jada, dit Tombola, et son passé. Tout le reste est radicalement différent. Cet ancien rebelle touareg dirige aujourd’hui Croix d’Agadez, l’une des agences de voyages les plus prospères du Niger, basée à Niamey, qu’il a créée il y a trois ans.

Né « en brousse », cet autodidacte – il n’a « jamais passé une minute à l’école » – a grandi entre Arlit (nord du pays) et Tamanrasset (sud de l’Algérie). Après une adolescence faite de menus trafics, il rejoint, comme beaucoup de Touaregs de sa génération, la Légion verte de Mouammar Kadhafi. Mais l’armée n’est visiblement pas son truc. Pas assez de liberté, sans doute. La vingtaine passée, il retourne dans le nord du pays pour rejoindre son cousin voyagiste.

La suite de son parcours est une succession d’expéditions, armées ou touristiques. Lorsque, début 2007, une nouvelle rébellion naît dans la région d’Agadez, il est à Tokyo pour promouvoir les circuits dans le désert (il sera par la suite l’un des premiers à faire venir des touristes nippons). Il saute dans le premier avion pour rejoindre le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) et sera conseiller militaire auprès de sa cellule politique (2007-2008).

Aujourd’hui, lassé des combats, il aimerait que toutes ces histoires appartiennent au passé. L’insécurité dans le Nord lui a coûté plus de la moitié de ses clients. Quand tout va bien, il en compte tout de même par an entre 700 et 800, auxquels il fait découvrir toute la beauté du désert.