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Niger : l’effet Issoufou

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Société

Halimatou Tourey Magagi : élémentaire et nécessaire

Mis à jour le 16 avril 2012 à 12:50

Cette Sierra Leonaise, et Nigérienne d’adoption, prône une nouvelle méthode d’apprentissage au primaire par le mélange des langues.

Elle n’a pas eu le temps de faire autrement. Pour monter sa petite entreprise au Niger, Halimatou Tourey Magagi, 37 ans, a choisi une maison de Niamey. Une cour et deux pièces. Dans l’une, elle s’est installée avec sa famille ; l’autre est devenue une salle de classe. Là où se sont déroulés, en 2009, les premiers cours de la Knowledge Haske School (« école lumière de la connaissance », en haoussa et en anglais). Pour cette première rentrée, il n’y avait pas encore les salles de classe en tôle, installées depuis. Mais déjà, l’idée – évidente pour elle qui est née en Sierra Leone – de combiner le français et l’anglais pour proposer un enseignement différent. « Les parents savent que cela offre plus de possibilités à leurs enfants. Surtout ici, avec le Nigeria à proximité. »

En dépit des frais (70 000 F CFA par an, soit 106 euros, l’équivalent d’un bon salaire mensuel à Niamey), dans un pays au système scolaire laminé par le manque d’investissement, l’école a tout de suite attiré. Chaque année depuis 2009, une nouvelle classe (du niveau supérieur à la précédente) a été créée et l’établissement compte désormais une centaine d’élèves. Parmi les nouveaux, qui affluent, ceux de l’enseignement public doivent parfois entreprendre une sérieuse remise à niveau. « L’un d’eux venait du CE2 [cours élémentaire deuxième année, NDLR], explique Halimatou Tourey, mais nous l’avons remis en CP [cours préparatoire] car il ne pouvait pas suivre. » Fière de ses élèves, elle a fait encadrer une photo d’eux. Ils posent sur une pelouse verte, devant un bel immeuble à colonnades. Un photomontage… Mais la directrice espère bien que cela préfigure l’avenir de son école.