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Cet article est issu du dossier «Pointe-Noire : identités plurielles»

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Société

Pointe-Noire – restauration : Marie vous attend chez Gaspard

Le 178 de la rue Moe-Makosso est réputé. On y sert 500 plats chaques jours.

Le 178 de la rue Moe-Makosso est réputé. On y sert 500 plats chaques jours. © Antonin Borgeaud

Ce temple de la cuisine congolaise en général et ponténégrine en particulier est l’un des restaurants les plus appréciés de la cité. Un succès qui doit beaucoup à son énergique patronne.

Si vous demandez à un Ponténégrin de vous indiquer le 178, rue Moe-Makosso, la réponse ne sera pas immédiate. Si vous précisez que c’est l’adresse de Chez Gaspard, elle fusera. Non loin du marché, au coeur du quartier populaire de la « cité africaine », dans le 1er arrondissement de Pointe-Noire, la rue Moe-Makosso est une artère vivante, bruyante et commerçante, dont le restaurant est l’un des poumons. Chez Gaspard, c’est d’abord un visage, celui de sa patronne, Marie Moussounda, pleine d’énergie, qui fête ses 65 printemps en ce mois de mai. Le nom du restaurant est un hommage à son père, originaire du Dahomey (l’actuel Bénin), qui épousa une jeune Congolaise, sa mère. Gaspard était commerçant et tenait boutique à l’endroit même où sa fille a ouvert l’établissement.

Dans les années 1970, Marie Moussounda était caissière et cuisinière dans un hôtel de la place. Puis, un jour, c’est la faillite. La jeune femme reçoit une somme d’argent assez conséquente pour solde de tout compte. Lors d’un voyage au Zaïre (l’actuelle RD Congo), elle est frappée par le dynamisme de Kinoises qui tiennent des nganda où l’on peut manger à sa faim. De retour à Pointe-Noire, elle décide de suivre leur exemple et, en 1978, elle se lance dans la restauration. Au départ, c’est juste un petit emplacement sur le trottoir, où elle pose un barbecue et fait des grillades à 300 F CFA (0,45 euro) pièce. Très vite, Marie Moussounda trouve sa clientèle. Grâce à sa nouvelle activité et à ses économies, qu’elle a fait fructifier notamment en vendant des pagnes et en participant à une tontine, elle achète une parcelle juste à côté de la maison familiale pour avoir un « vrai établissement ».

La restauratrice apprend à améliorer la qualité des plats, à les varier. Le succès ne tarde pas à venir. Et depuis plus de trente ans, il ne faiblit pas. Le secret de Marie Moussounda ? « Je cuisine bien. L’accueil est chaleureux et convivial. Les plats ne sont pas chers par rapport à la concurrence », répond-elle. Grillades de boeuf, brochettes de poisson, carpes, épinards, caviar de concombres, bananes frites… Des poissons aux légumes, les produits frais sont achetés chaque jour et ne sont pas congelés – l’une des raisons pour lesquelles le restaurant est devenu un incontournable de la cuisine congolaise. D’autant que les portions servies sont gargantuesques, pour des prix à la portée de toutes les bourses : 3 000 à 6 000 F CFA.

Petits plats

En accord avec les autorités municipales, Marie Moussounda a aménagé le trottoir qu’elle occupe. Dans la journée, le restaurant, qui comprend aussi deux salles climatisées, ouvre de 9 h 30 à 15 h 30. Le soir venu, de 19 h 30 à 23 h 30, des dizaines de clients, Congolais comme étrangers, s’installent, les uns en terrasse, les autres à l’intérieur, pour faire honneur à ses petits plats. « Les Blancs et les Chinois adorent particulièrement le saka saka [feuilles de manioc, NDLR] », confie Marie avec un sourire. Elle emploie aujourd’hui 42 personnes qui travaillent en rotation. Entre la consommation sur place et les ventes à emporter, l’établissement sert quotidiennement quelque 500 plats. Sans compter les commandes pour des cérémonies officielles ou privées.

Chez Gaspard, c’est aussi un bar tenu par Gaspard Mboungou, le grand frère de Marie Moussounda. Ancien agent du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), il a négocié son départ de la compagnie ferroviaire après le décès de leur père afin de s’occuper des affaires familiales. Par ailleurs fermier, Gaspard Mboungou approvisionne sa soeur en produits divers et variés, notamment en carpes de son élevage. Son bar, temple de la danse, est plein tous les jours, et, le week-end, sa fréquentation atteint des sommets.

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