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Algérie Telecom : Azouaou Mehmel, du fil à détordre pour changer les mentalités

Azouaou Mehmel dirigeait jusque-là Mobilis, filiale mobile de l'opérateur.

Azouaou Mehmel dirigeait jusque-là Mobilis, filiale mobile de l'opérateur. © D.R.

Le nouveau patron d’Algérie Télécom, Azouaou Mehmel, veut changer les mentalités au sein du groupe public algérien. Comme les sept PDG qui l’ont précédé en deux ans ?

Algérie Télécom est dans « une situation des plus précaires », répète le nouveau PDG de l’opérateur historique algérien, Azouaou Mehmel, 47 ans, nommé le 31 mars. Au-delà de l’« obsolescence » des infrastructures, c’est sur les causes humaines qu’il insiste, critiquant une entreprise qui fonctionne comme une administration, avec toutes les lourdeurs que cela implique. Tous les Algériens peuvent témoigner de la difficulté de se faire installer une connexion internet, après des mois voire des années d’attente, ou de la corvée que représente le règlement de leurs factures en agence. Des situations « intolérables », juge le patron, qui souhaite former ses agents afin qu’ils améliorent le contact avec les clients et redorent l’image et l’efficacité de l’entreprise.

El Hachemi Belhamdi, son prédécesseur, avait pointé les mêmes tares avec le même franc-parler. Mais il a été victime de la fonction « siège éjectable » inhérente au poste de PDG d’Algérie Télécom – sept patrons en deux ans. Azouaou Mehmel, lui, pourra s’appuyer sur son expérience en tant que patron de Mobilis, filiale mobile de l’opérateur historique, qu’il dirigeait depuis décembre 2009 – presque un record. « Il y a modernisé l’activité et fait triompher la vision marketing de la nouvelle génération des cadres des télécoms face à celle des anciens fonctionnaires du ministère des PTT, estime Farid Farah, universitaire spécialiste des TIC. Pour réformer, il s’est appuyé sur la menace que faisaient peser sur Mobilis les deux opérateurs mobiles étrangers présents en Algérie, Djezzy et Nedjma. »

Le soutien de Moussa Benhamadi

De la même façon, Azouaou Mehmel a déjà prévenu que la situation de quasi-monopole d’Algérie Télécom ne serait pas éternelle. Et que « l’avènement annoncé du haut débit mobile pourrait sonner le glas » de l’entreprise. Ingénieur diplômé de Télécom Bretagne (ex-ENST Bretagne, France), il pourra sans doute compter sur le soutien de Moussa Benhamadi, ancien PDG d’Algérie Télécom et ministre des TIC, qui l’a nommé. Ce dernier avait déjà soutenu Mehmel lorsqu’il avait mis sa démission sur la table, en 2010, face à des pressions politiques. Une telle entente entre les deux hommes pourrait être utile si Alger concrétisait sa prise de participation dans Djezzy aux côtés du russe Vimpelcom.

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