Politique

Affaire Ntsimi : réactions en cascade

Les révélations de Jeune Afrique sur la gestion de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) continuent de faire couler beaucoup d’encre.

Mis à jour le 12 juin 2012 à 18:49

À la suite de la publication, dans J.A. no 2677, du second volet de notre enquête sur la présidence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), nous avons reçu de M. René Mbayen, président du conseil d’administration de la société Consignation et Logistique du Golfe de Guinée (CLGG), le droit de réponse suivant.

« M. François Soudan fait certaines allégations, sous le sous-titre « Billetterie », sur la société Camship Voyages. Par ailleurs, il attribue la propriété de la société Camship Voyages à M. Jean-Jacques Lengue Malapa, maire de Douala 1er, ce qui est faux. L’intéressé n’étant ni propriétaire ni dirigeant de ladite entreprise. En outre, il parle de l’homme d’affaires M. René Mbayen comme dirigeant le groupe mixte Camship Investment Corporation. Depuis le mois de juin 2009, ce dernier a fait valoir ses droits à la retraite et ne dirige plus cette affaire. […]

Nous avons du mal à croire que M. François Soudan, pourtant grand voyageur, ignore que la plupart des sociétés et des grandes organisations retiennent un nombre limité sinon un seul fournisseur pour ce type de service, choisi sur des critères de professionnalisme, d’efficacité et de rentabilité, bref, sur la qualité de service.

Les exemples en la matière sont nombreux ; les plus grands étant la société Expedia ou encore la société American Express Voyages auxquelles ont recours les plus grandes entreprises internationales. Il en est de même dans les secteurs de l’hôtellerie, du transport aérien et même de la banque.

La démonstration de M. François Soudan, en voulant égratigner Camship Voyages ainsi que les personnalités citées ci-dessus, va trop loin, au risque de porter préjudice à ces dernières. Nous espérons que M. François Soudan aura l’humilité de reconnaître son erreur et mettra tout en oeuvre pour remédier aux torts que ces insinuations pourraient causer à l’image et à la réputation des personnes physiques et morales citées. »

René MBAYEN, président du conseil d’administration de CLGG

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NDLR :

Si nous comprenons bien, M. René Mbayen, président du conseil d’administration de CLGG, nous écrit pour défendre la réputation de Camship Voyages, dont CLGG est l’un des actionnaires fondateurs. CLGG est par ailleurs l’agent portuaire du Groupe Camship Investment Corporation, que M. Mbayen ne dirige plus depuis 2009 (mais qu’il dirigeait à l’époque de la conclusion du contrat avec la Cemac), et dont le numéro de compte à la Citibank de Douala est le même que celui de Camship Voyages. Par ailleurs, nous n’avons pas écrit que M. Jean-Jacques Lengue Malapa était le propriétaire de cette agence, mais son responsable. C’est tout au moins ce qui figure en toutes lettres sur la liste du Groupement d’agences de voyages de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (www.gav-aoc.com), dont Camship Voyages est membre.

Tout cela, on le voit, est loin d’être simple, et l’est d’autant moins que nous avons reçu un deuxième droit de réponse, strictement identique au premier, mais signé celui-ci du « président de l’assemblée des associés » de Camship Voyages, M. Georges Njoya. Ce qui est clair, en revanche, et qui n’a rien à voir avec la qualité des services que fournit par ailleurs cette agence, c’est que les conditions et les attendus du contrat conclu début 2008 entre M. Antoine Ntsimi, président de la Commission de la Cemac, et Camship Voyages doivent, tout comme les autres marchés de ce type, être audités. La présidence de la Commission de la Cemac n’est pas une « entreprise internationale », comme vous le dites, mais un organisme public, utilisant de l’argent public et censé attribuer tous ses marchés dans le respect de règles d’adjudication, lesquelles supposent l’existence d’appels d’offres publics et transparents. 

F.S.