Société

Football : les Africains de l’Euro

Ils sont une bonne quinzaine dans les sélections nationales qui, du 8 juin au 1er juillet, s’affrontent dans les stades polonais et ukrainiens pour l’Euro 2012. Tour d’horizon.

Mis à jour le 12 juin 2012 à 18:13

Karim Benzema (France/Algérie). L’un des meilleurs attaquants au monde. © SIPA


Sami Khedira (Allemagne/Tunisie). Une exception dans la Mannschaft.

Sami Khedira, Allemagne (© AFP)

Sami Khedira n’a pas seulement fait parler de lui pour le titre de champion d’Espagne conquis cette année avec le Real Madrid. L’an dernier, le milieu de terrain de l’équipe d’Allemagne a aussi mis en émoi les puritains quand des photos d’abord parues dans le magazine GQ furent reprises par le quotidien tunisien Attounissia. Elles le représentaient en compagnie de son amie, la sublime Lena Gercke, très peu vêtue pour l’occasion. Cela valut quelques ennuis au directeur de la publication et à deux journalistes, accusés d’attenter aux bonnes moeurs. Mais Khedira, né en 1987 d’une mère allemande et d’un père tunisien, peut surtout se vanter d’être l’un des très rares joueurs d’origine africaine retenus dans la Nationalmannschaft.

Nani, Portugal (© AFP)

Né Luis Carlos Almeida da Cunha, il tiendrait son nom de scène de sa soeur. Natif de Praïa, au Cap-Vert, mais tôt exilé à Lisbonne, Nani a fait ses classes au Real Sport Club, puis au Sporting Portugal, avant de rejoindre en 2007 Manchester United, où il a mis longtemps – deux ans – à s’imposer. Mais sir Alex Ferguson a fini par tirer le meilleur de ce joueur très « technique », international portugais depuis 2006 (plus de cinquante sélections au compteur). Nani avait manqué la Coupe du monde 2010 à cause d’une blessure à l’épaule.

Khalid Boulahrouz, Pays-Bas (© AFP)

Il a le visage taillé à la serpe et le regard noir. Défenseur de l’équipe nationale des Pays-Bas, Khalid Boulahrouz a la réputation (qu’il ne fait rien pour infirmer) de jouer souvent à la limite de la régularité. Il est en revanche très apprécié par les supporteurs des Oranje, admiratifs devant son engagement. Un sentiment pas forcément partagé par ses adversaires… Né à Maassluis dans une famille nombreuse d’origine marocaine, ce désormais trentenaire connaîtra dans les prochains jours l’identité de son sixième club, après Waalwijk, Hambourg, Chelsea, Séville et Stuttgart.

Mario Balotelli, Italie (© AFP)

Faire l’inventaire de ses dérapages relève presque de l’enquête policière : liens supposés avec la Camorra, exhibition d’armes à feu dans les rues de Milan, utilisation de feux d’artifice dans sa maison – avec incendie à la clé -, retards fréquents aux entraînements, provocations verbales récurrentes… « Super Mario » n’a que 21 ans, mais son passif disciplinaire dépassera bientôt ceux de George Best, Diego Maradona ou Éric Cantona, autres illustres enfants terribles du foot. Abandonné par ses parents ghanéens et élevé par une famille italienne, il aurait, selon ceux qui l’ont côtoyé, un problème d’identité qui expliquerait ce comportement erratique. Surdoué, fantasque et doté d’un ego surdimensionné, Balotelli est le premier Black à jouer pour la Squadra Azzurra et vient d’être sacré champion d’Angleterre avec Manchester City.

 

Karim Benzema, France (© AFP)

Il avait traversé l’Euro 2008 comme un fantôme et regardé la Coupe du monde 2010 à la télé. La seconde apparition dans une grande compétition internationale de celui qui est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs attaquants de la planète sera forcément instructive. Fils d’Algériens (il fut, il y a six ans, sollicité par son pays d’origine), Benzema a beaucoup appris au Real Madrid avec José Mourinho. Mais en équipe de France, ses prestations sont beaucoup moins convaincantes. Peu bavard et maîtrisant à merveille la langue de bois en vigueur dans le milieu, Benzema a connu quelques jours difficiles, en 2010, lors de l’affaire Zahia. Il fut même mis en examen pour proxénétisme, avant d’être disculpé. À 24 ans, il semble être, sportivement, arrivé à maturité.

Hatem Ben Arfa, France (© AFP)

Quelques jours avant le début de l’Euro 2008, Hatem Ben Arfa avait quitté en hélicoptère le camp de base de l’équipe de France, Raymond Domenech, le sélectionneur, ne l’ayant finalement pas retenu. En 2010, il n’avait pas davantage participé à la Coupe du monde en Afrique du Sud. Depuis, le Français d’origine tunisienne a quitté l’Olympique de Marseille pour Newcastle, où son jeu s’est simplifié et son caractère assoupli. Gravement blessé en octobre 2010, il a réussi à revenir à son meilleur niveau. Le 26 mai dernier, Ben Arfa a retrouvé les Bleus, après presque deux ans d’absence. Convaincu par ce joueur technique, Laurent Blanc a choisi de l’emmener en Ukraine.

Steve Mandanda, France (© AFP)

Parfait, son frère, joue pour la RD Congo. Mais Steve Mandanda, bien que né à Kinshasa (en 1985), n’a jamais vraiment envisagé de porter un jour le maillot des Léopards. International français des moins de 19 ans en 2003 alors qu’il évoluait au Havre, son club formateur, il a connu sa première sélection avec les Bleus en mai 2008. Mais le gardien de Marseille, qui, selon la rumeur, ne détesterait pas jouer en Angleterre, n’est plus le gardien titulaire de l’équipe de France, Raymond Domenech, puis Laurent Blanc, lui préférant le Lyonnais Hugo Lloris.

Et aussi : Jérôme Boateng (Allemagne/Ghana), Patrice Evra (France/Sénégal), Alou Diarra (Frane/Mali), Adil Rami (France/Maroc), Blaise Matuidi (France/Angola), Samir Nasri (France/Algérie), Ibrahim Afellay (Pays-Bas/Maroc), Silvestre Varela (Portugal/Cap-Vert), Rolando (Portugal/Cap-Vert).