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Dans l’est de la RDC, un attentat vise une église, les islamistes ADF soupçonnés

Une dizaine de personnes ont été tuées et au moins vingt autres blessées à la suite de l’explosion d’une bombe dans une église pentecôtiste de Kasindi, dans le Nord-Kivu, le 15 janvier. Une organisation proche de l’État islamique serait derrière l’attaque.

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Mis à jour le 16 janvier 2023 à 12:15

Lors d’une opération militaire contre les Forces alliées démocratiques (ADF), à Ntoroko, en Ouganda, à la frontière avec la RDC. © Nicholas Kajoba / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP.

Au moins dix personnes ont été tuées et 39 blessées, le 15 janvier, dans un attentat à la bombe perpétré contre une église pentecôtiste de Kasindi, ville du Nord-Kivu frontalière avec l’Ouganda, dans le nord-est de la RDC.  Le porte-parole de l’armée congolaise, Antony Mualushayi, a attribué « cet attentat » aux Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé affilié à l’État islamique (Daesh). Un suspect de nationalité kényane a été arrêté, a-t-il ajouté, précisant que des enquêtes étaient en cours.

De son côté, le porte-parole de l’opération militaire ougandaise en RDC, Bilal Katamba, a évoqué 16 morts et 20 blessés. Il n’a pas été possible de confirmer de manière indépendante le nombre de victimes.

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La présidence de la RDC a condamné l’attaque, tout comme la mission de maintien de la paix de l’ONU qui l’a qualifiée d’ »attaque lâche et ignoble ». Sur Twitter, l’ambassade de France a dit être « horrifiée ». Un diacre de l’église évangélique de Kasindi, Esdras Kambale Mupanya, a raconté que les fidèles étaient réunis pour un baptême avant l’explosion de la bombe.

Revendication de l’État islamique

Bilal Katamba a ajouté que « les assaillants ont utilisé une bombe artisanale pour perpétrer l’attaque », précisant que les ADF sont « soupçonn[ées] » d’en être responsables. Dans un tweet, le ministère congolais de la Communication a également parlé d’un « attentat à la bombe perpétré visiblement par des terroristes ADF ».

Dans la soirée, le groupe État islamique a revendiqué l’attaque qui a fait, selon lui, « près de 20 » morts. Groupe armé d’origine ougandaise, les ADF sont actives dans le nord du Nord-Kivu et dans le sud de l’Ituri, et figurent parmi les plus meurtriers des quelque 120 factions présentes dans l’est de la RDC.

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Accusés d’avoir massacré des milliers de civils congolais et d’avoir perpétré des attentats à la bombe en Ouganda, les ADF ont été placées en 2021 par les États-Unis sur leur liste des « organisations terroristes étrangères », en lien avec l’État islamique.

Opération militaire conjointe

Cette même année, une opération militaire conjointe congolaise-ougandaise a commencé à cibler les ADF en territoire congolais. Mais les attaques ont continué. Les ADF « ont poursuivi leur expansion géographique » en RDC, y tuant depuis avril 2022 « au moins 370 civils », selon un rapport du groupe d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU sur la RDC du 16 décembre dernier.

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Ses combattants ont aussi enlevé « 374 personnes », « pillé et incendié des centaines de maisons et détruit et pillé des centres de santé, principalement à la recherche de fournitures médicales ». Selon ce groupe d’experts, ils ont aussi « opté pour des opérations plus visibles et plus meurtrières », en utilisant des engins explosifs improvisés « en milieu urbain ».

Depuis mai 2021, Nord-Kivu et Ituri ont été placés en « état de siège » par le président congolais Félix Tshisekedi, pour tenter de stopper les violences, des responsables militaires remplaçant les administrateurs civils.

(avec AFP)