Politique

En Tanzanie, l’opposant Tundu Lissu annonce son retour d’exil fin janvier

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a annoncé le 10 janvier la levée de l’interdiction des meetings qui frappait l’opposition depuis 2016.

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Mis à jour le 14 janvier 2023 à 11:10

La présidente de la Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, lors des funérailles de son prédécesseur John Magufuli, le 26 mars 2021. © AFP

Tundu Lissu, figure de l’opposition tanzanienne, a annoncé vendredi 13 janvier qu’il rentrerait d’exil le 25 janvier pour « écrire un nouveau chapitre ». L’emblématique opposant avait fui la Tanzanie après une tentative d’assassinat en 2017, lorsque 16 coups de feu avaient été tirés contre lui. Il vivait depuis la majeure partie de son temps en Belgique.

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L’annonce de son retour survient alors que la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a annoncé mardi la fin de l’interdiction des meetings de l’opposition, imposée par son autoritaire prédécesseur John Magufuli, décédé en mars 2021. Ce nouveau signal d’ouverture a été salué par les formations politiques et les organisations de défense des droits humains.

Reprise des manifestations

« Nous ne pouvons pas continuer à vivre indéfiniment en exil, a déclaré Tundu Lissu dans un discours diffusé en direct sur YouTube et relayé par des télévisions locales tanzaniennes. Je suis optimiste sur le fait que nous écrirons un nouveau chapitre cette année (…) 2023 est une année importante dans l’histoire de notre pays. Je reviens pour le nouveau départ de notre nation ».

Chadema, le principal parti d’opposition dont Lissu est le vice-président, a annoncé qu’il reprendrait ses manifestations le 21 janvier.

Son dernier séjour en Tanzanie date de la fin 2020. Il était alors candidat à l’élection présidentielle contre John Magufuli, qui mourra cinq mois après sa réélection. Cette dernière avait été contestée par l’opposition, qui avait appelé à des manifestations. Tundu Lissu avait alors reçu des menaces de mort puis quitté le pays.

Rupture avec l’ère Magufuli

La présidence de John Pombe Magufuli, élu pour la première fois en 2015 et surnommé Tingatinga, le « bulldozer » en swahili, pour son style brutal et intransigeant, a été marquée par une répression des médias, de la liberté d’expression et de l’opposition politique, qui ont abimé l’image d’un pays jusque-là réputé pour être un pôle de stabilité.

L’arrivée au pouvoir de Samia Suluhu Hassan a marqué une rupture avec l’ère Magufuli – dont elle était la vice-présidente. Elle a notamment tendu la main à l’opposition et autorisé la réouverture de médias interdits. Au début de 2022, elle avait rencontré Tundu Lissu en marge d’un déplacement à Bruxelles.

(Avec AFP)