Politique

En RDC, la présidentielle pourra-t-elle vraiment se tenir le 20 décembre 2023 ?

La course contre la montre pour organiser le scrutin dans les temps a débuté avec l’opération d’enrôlement des électeurs. Pour Denis Kadima et son équipe de la Ceni, tout reste donc à faire. Décryptage en infographies.

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Mis à jour le 13 janvier 2023 à 16:06

Denis Kadima, qui dirige la Ceni, assure que les élections se tiendront dans les délais, en décembre 2023. © Montage JA : Justin Makangara / Reuters

« Le glissement ne fait toujours pas partie de notre vocabulaire. » À la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Denis Kadima n’en démord pas. Et ce, malgré les doutes et inquiétudes sur la capacité d’organiser dans les délais le vote de la présidentielle, des législatives, des provinciales et des communales le 20 décembre 2023. Cet optimisme affiché est-il justifié ?

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Le compte à rebours est lancé. Il reste désormais moins d’un an à la Ceni pour mener à bien ce colossal chantier à marche forcée. L’enrôlement, première étape du processus, a débuté le 24 décembre à Mbandaka, dans la province de l’Équateur, avec l’enregistrement du président Félix Tshisekedi lui-même. Depuis, l’opération se poursuit dans dix provinces de l’Ouest mais, déjà, les premiers couacs s’accumulent. Sur les réseaux sociaux, nombre d’électeurs dénoncent la lenteur du processus, les queues interminables devant les centres d’enregistrement et les problèmes de connexion liés aux nouveaux kits électroniques fournis par la société sud-coréenne Miru System. La mauvaise qualité de la photo d’identité – imprimée en noir et blanc « pour faire des économies » – a également provoqué de vifs débats.

L’obstacle sécuritaire

D’un bord à l’autre du spectre politique, les positions sont pour le moins divergentes. Côté majorité, l’heure est, sans surprise, à l’appel à la mobilisation. Les cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, de Félix Tshisekedi) multiplient les appels à s’inscrire sur les listes électorales. Côté opposition, Martin Fayulu – qui revendique toujours la victoire à la présidentielle de 2018 – fait écho à cette mobilisation, mais pour des raisons bien différentes. Au contraire, les partisans de l’ancien président Joseph Kabila, qui contestent la composition de la Ceni, réclament des modifications de la loi électorale et remettent en question la composition de la Cour constitutionnelle, sont vent debout. Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a même annoncé, le 5 janvier, que les membres de sa formation refuseraient de s’enrôler sur les listes.

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Obstacles politiques… et obstacles sécuritaires, aussi. La situation préoccupante dans l’Est, marquée notamment par la résurgence du M23, et les violences inter-communautaires qui sévissent dans l’Ouest vont plus que compliquer les activités électorales. En 2018, la présidentielle avait déjà été annulée dans les villes de Beni, Butembo et Yumbi, en raison de l’épidémie d’Ebola et du niveau de violence.

 © VF_WEB_RDC_ELECTIONS-01

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