Politique

L’opposition tunisienne brave la police pour organiser une réunion publique

Des forces policières ont tenté d’empêcher le Front de salut national de tenir un rassemblement près de Tunis. Sur plusieurs vidéos, des policiers entourent le président de la coalition, Ahmed Néjib Chebbi, avant que ce dernier ne s’adresse à plusieurs dizaines de personnes.

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Mis à jour le 9 janvier 2023 à 10:49

Le président du FSN, Ahmed Néjib Chebbi (au c.), lors d’une précédente manifestation à Tunis, le 10 décembre 2022. © Yassine Mahjoub / NurPhoto / NurPhoto via AFP.

Des responsables du Front de salut national (FSN), principale coalition d’opposition en Tunisie dont fait partie le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, sont parvenus difficilement le 8 janvier à organiser une réunion publique en plein air contre la politique du président Kaïs Saïed dans le quartier de Mnihla, près de Tunis, après une tentative de la police de les en empêcher, selon un communiqué et des médias locaux.

« Malgré les tentatives du pouvoir d’interdire le FSN de se réunir à Mnihla, [nous avons] réussi à tenir un rassemblement public et à transmettre [notre] message sur la lutte contre le coup d’État », a indiqué cette coalition de partis politiques dans un communiqué.

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Sur des images de sites d’information et des pages Facebook dont celle du FSN, l’on voit des policiers essayer d’empêcher la tenue du rassemblement destiné à mobiliser la population contre l’accaparement de tous les pouvoirs par le chef de l’État, depuis son coup de force du 25 juillet 2021. Sur plusieurs vidéos, des policiers entourent le président du FSN, Ahmed Néjib Chebbi, avant que ce dernier ne s’adresse à plusieurs dizaines de personnes.

Violence physique

Sur les images des réseaux sociaux, on voit aussi des militants favorables au président tunisien, crier « dégage, dégage » ou « traitre », en direction de Ahmed Néjib Chebbi. « Nous dénonçons l’attaque de membres des milices de Kaïs Saïed et leur usage de la violence physique et verbale contre les dirigeants du FSN », a également commenté cette coalition politique dans son communiqué, fustigeant des « menaces contre le droit d’expression et de réunion ».

La coalition a appelé à « une forte participation » à une manifestation prévue le 14 janvier pour l’anniversaire de la chute de Ben Ali.

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En proie à une grave crise économique – l’inflation était supérieure à 10 % en décembre –, la Tunisie a reçu un accord de principe pour un nouveau prêt du FMI de près de 2 milliards de dollars mais en attend encore la confirmation.

(avec AFP)