Politique

Comment Wagner se finance : enquête sur l’eldorado d’Evgueni Prigojine en Centrafrique et au Cameroun

De l’or au café, en passant par le bois et les spiritueux, le groupe russe a fait de la Centrafrique et du Cameroun l’épine dorsale d’un réseau d’entreprises dont les profits se chiffrent en millions d’euros. Enquête au cœur de la « multinationale » Wagner.

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Mis à jour le 17 janvier 2023 à 09:36

La nébuleuse Wagner, dirigée par Evgueni Prigojine, a mis en place un savant système de financement dans les pays où ses mercenaires interviennent. © MONTAGE JA : AFP ; SIPA ; REUTERS ; EDJ/JA ; ADOBESTOCK

  • Jeune Afrique a enquêté sur les finances du groupe russe Wagner en Centrafrique et au Cameroun. Des retombées potentielles de plusieurs dizaines de millions d’euros.
  • Les mercenaires d’Evgueni Prigojine exploitent notamment la mine de Ndassima, en Centrafrique, où ils fondent des lingots d’or, expédiés ensuite en toute discrétion vers la Russie.
  • Grâce à des contacts au Cameroun, le port de Douala est devenu la plaque tournante de leurs opérations commerciales. Ils espèrent y élargir leurs activités.

C’est l’une des rares routes secondaires réellement praticables de la région de la Ouaka, dans le centre de la Centrafrique. Une bande de goudron récente qui s’étend sur environ dix kilomètres à travers la brousse, de la ville de Ndassima à la mine d’or du même nom. Saignée sombre et vitale dans un océan de verdure et d’ocre. Le ballet des camions y est régulier. Très surveillé aussi. Le long de l’itinéraire, plusieurs points de contrôle ont été installés, tenus par des hommes des Forces armées de la République centrafricaine (Faca). Chaque chauffeur y est interrogé et scruté, tandis que son véhicule est soigneusement fouillé.