Économie

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie s’inquiète pour 2023

Sans un accord avec le FMI, Marouane Abassi doute de la capacité du pays à maintenir son taux de croissance et à résister à la flambée des prix.

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Mis à jour le 5 janvier 2023 à 10:15

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abassi lors d’une conférence de presse à Tunis, le 4 janvier 2023. © FETHI BELAID / AFP

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie a averti que l’année 2023 serait « compliquée », dans un contexte de faible croissance et forte inflation, sans un accord rapide avec le Fonds monétaire international (FMI). « Il faut arriver le plus vite possible à un accord avec le FMI pour mobiliser les financements extérieurs mis au budget », a indiqué Marouane Abassi lors d’une conférence de presse.

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La Tunisie, endettée à plus de 80 % de son PIB, a obtenu un accord de principe du FMI à la mi-octobre pour un nouveau prêt de près de 2 milliards de dollars qui devrait lui ouvrir d’autres aides.

Alors qu’elle se relevait à peine de la pandémie de Covid-19, le pays a subi un nouveau choc avec la guerre en Ukraine, qui a fait flamber les prix des céréales et du pétrole qu’elle importe massivement.

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Marouane Abassi a donné plusieurs raisons au report du feu vert définitif du FMI, attendu initialement le 19 décembre : la loi de finances tunisienne qui « n’était pas prête ». « Il y a aussi la loi sur les taux excessifs », a-t-il expliqué pour réglementer les établissements financiers quand ils pratiquent des taux d’usure.

De nombreux freins

Autre législation demandée par le FMI : une loi qui permette de restructurer les plus de 100 entreprises publiques tunisiennes, lourdement endettées. La loi a « fait l’objet d’une longue discussion et va passer devant le conseil des ministres », a précisé le gouverneur.

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Abassi a par ailleurs défendu la récente décision de la Banque centrale de relever son taux directeur à 8 % pour combattre l’inflation, même si elle devrait rester élevée en 2023, à 11 % selon lui. Admettant que cette décision va « freiner la croissance » prévue à 2,1 % cette année, il a souligné que la Banque centrale n’a « pas beaucoup d’autres outils ».

Il a enfin prévenu que le prix de certains produits allait « augmenter de manière importante ces prochaines années » avec « la levée progressive des subventions sur les produits de base, notamment énergétiques ».

(avec AFP)