Politique

RDC : l’UE exhorte le Rwanda à « cesser de soutenir le M23 »

Suite à la publication d’un rapport d’experts de l’ONU sur la RDC, l’Union européenne a appelé Kigali, ce samedi, à ne plus apporter son soutien au mouvement rebelle.

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Mis à jour le 1 janvier 2023 à 10:54

Des rebelles du M23, à Kibumba le 23 décembre 2022. © Glody Murhabazi / AFP

L’Union européenne (UE) « exhorte vivement le Rwanda » à « cesser de soutenir le M23 » et à « utiliser tous les moyens pour faire pression sur le M23 afin qu’il se conforme aux décisions » prises par les chefs d’État de la communauté des États d’Afrique de l’Est, selon la déclaration de Joseph Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, qui fait suite à la publication d’un rapport d’experts de l’ONU sur la RDC.

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Dans ce rapport publié en décembre, des experts mandatés par les Nations unies affirment avoir  collecté des « preuves substantielles » démontrant « l’intervention directe des forces de défense rwandaises (RDF) sur le territoire de la RDC », au moins entre novembre 2021 et octobre 2022.

Démenti systématique

Le Rwanda est accusé par Kinshasa, mais aussi par les États-Unis et plusieurs pays européens, de soutenir le M23 et de combattre à ses côtés dans le Nord-Kivu, province de l’est de la RDC au nord de Goma, frontalière du Rwanda, où la rébellion a conquis ces derniers mois de vastes pans de territoire. Kigali dément systématiquement ces accusations.

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Mais selon le rapport du groupe d’experts, l’armée rwandaise a lancé ces opérations militaires pour « renforcer le M23 » et « contre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ». Présentée comme une menace par Kigali, l’existence et la violence de cette milice ont justifié les interventions rwandaises passées en RDC. L’Union européenne a aussi appelé Kinshasa à « stopper et empêcher toute coopération entre les FARDC (armée congolaise) et les groupes armés, notamment les FDLR ».

Fins électorales

Le Rwanda, de son côté, a accusé la RDC, où la présidentielle est prévue en décembre 2023, d’instrumentaliser le conflit à des fins électorales et d’avoir « fabriqué » un massacre qui, selon une enquête des Nations unies, a été commis fin novembre par le M23 et a coûté la vie à au moins 131 civils dans les villages de Kishishe et Bambo, selon un bilan encore provisoire.

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Des initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de résoudre la crise de l’est de la RDC, où une force régionale est-africaine, dirigée par le Kenya, est en cours de déploiement. Vendredi, au nord de Goma, des combats ont encore opposé l’armée congolaise, appuyée par des groupes d’autodéfense, aux rebelles du M23.