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Cet article est issu du dossier «Charia : enquête sur une psychose»

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Politique

Égypte : la loi des Frères musulmans

| Par Jeune Afrique
Députés du parti salafiste Al-Nour, lors de la première session de l’Assemblée, le 23 janvier.

Députés du parti salafiste Al-Nour, lors de la première session de l'Assemblée, le 23 janvier. © AFP

La prochaine Constitution égyptienne est en cours d’élaboration. Le président Mohamed Morsi et ses alliés entendent peser dans les débats.

L’article 2 de l’ancienne Constitution égyptienne indiquait : « L’islam est la religion de l’État. La langue arabe constitue sa langue officielle et les principes de la charia islamique représentent la source principale de la législation. » Cet article devrait être maintenu, mais quelques précisions vont y être apportées. Il pourrait ainsi y être stipulé qu’« Al-Azhar [l’université du Caire, la plus grande institution de l’islam sunnite, NDLR] est la principale référence en ce qui concerne l’interprétation des principes de la charia » et qu’« il convient aux non-musulmans adeptes des religions monothéistes [le christianisme et le judaïsme] de revenir à leurs propres textes en ce qui concerne leur code de statut personnel, leurs affaires religieuses et le choix de leur direction spirituelle ».

Mais sur la scène politique, le débat est vif. « Les Frères musulmans sont pour une reprise de l’article 2 pour rassurer certains groupes sociaux », affirme Alaa Ayad, l’un des dirigeants de la puissante confrérie. De leur côté, les libéraux semblent s’être résignés à accepter cette formulation, après avoir essayé de faire de la charia une source parmi d’autres et non la source principale. Les salafistes veulent imposer les prescriptions de la charia, pour donner une force coercitive au texte, et exigent que la loi islamique soit la seule source du droit. « Certains frères demandent également que l’article 3, qui stipule que la souveraineté revient au peuple, soit modifié pour que la souveraineté revienne à Dieu, qui domine et contrôle tout », ajoute Adel Afify, leader du parti Al-Fadila.

Controverse

L’interprétation de la charia alimente aussi la controverse. « Le cheikh actuel d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, est un opposant des Frères musulmans. Son interprétation de l’islam rassure les libéraux, mais il est un peu isolé au sein de son institution, qui compte beaucoup de conservateurs », avance Nathan J. Brown, professeur américain de sciences politiques spécialiste de l’Égypte. De son côté, la Haute Cour constitutionnelle estime que l’interprétation de la charia incombe principalement au Parlement, qui légifère, et au gouvernement, qui adopte les décrets. Les Frères musulmans, première force du paysage politique égyptien, ont donc leur mot à dire. Et Brown de conclure : « La confrérie veut une société fondée sur la charia, mais son discours concernant son application est vague. Si elle appelle à un changement graduel et venant du bas, il ne fait pas de doute cependant qu’elle a un point de vue relativement conservateur concernant la loi islamique. » 

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