Politique

Au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Zoungrana accusé de vouloir renverser Ibrahim Traoré

Déjà poursuivi pour avoir fomenté un coup d’État contre Roch Marc Christian Kaboré, ce militaire influent est désormais accusé d’avoir tenté de renverser le président de transition, a expliqué le parquet militaire au lendemain de l’interpellation d’Emmanuel Zoungrana.

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Mis à jour le 29 décembre 2022 à 11:16

Le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. © DR

Le parquet militaire du Burkina Faso a indiqué dans un communiqué publié mercredi soir que « les premiers éléments » d’une enquête ouverte après dénonciation « révèlent que des militaires en collusion avec des civils étaient en train de préparer une déstabilisation des institutions de l’État », avec l’implication du lieutenant-colonel Zoungrana.

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Selon le procureur militaire, un adjudant-chef, Charles Neboa, et un sergent, Adama Traoré, feraient également partie de ce groupe, qui « serait en contact avec l’unité Mamba vert d’Emmanuel Zoungrana, et [qui] projetait de lancer des attaques simultanées sur la Radio-Télévision du Burkina (RTB), la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), où était détenu le lieutenant-colonel pour des faits similaires, et la résidence du chef de l’État », le capitaine Ibrahim Traoré.

Interpellé « non sans résistance »

Interpellé une première fois le 14 janvier et incarcéré pour « tentative de déstabilisation des institutions de l’État », « détournement de biens publics, faux et usage de faux, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux » à l’époque où Roch Marc Christian Kaboré dirigeait le Burkina Faso, le lieutenant-colonel Zoungrana avait été remis en liberté provisoire le 15 décembre, avant d’être à nouveau arrêté le 27 décembre à son domicile à Pabré, à une vingtaine de kilomètres au nord de Ouagadougou, « non sans résistance », d’après le parquet militaire.

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Dans une vidéo enregistrée juste avant son interpellation et largement relayée depuis, il affirme avoir été victime de deux tentatives d’empoisonnement lors de son incarcération et surveillé par des drones depuis sa remise en liberté provisoire.

Décoré pour ses faits d’armes

Ex-chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando, basé à Ouahigouya, chef-lieu de la région du Nord, le lieutenant-colonel Zoungrana, âgé de 41 ans, avait passé le témoin le 21 décembre 2021, avant de regagner Ouagadougou où il attendait une nouvelle affectation.

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Ancien commandant du groupement des forces du secteur ouest, engagées dans la lutte antiterroriste, il avait été décoré pour ses faits d’armes, notamment pour avoir repris des localités assiégées.

(Avec AFP)