Transports

En Afrique, Boeing préfère les grandes compagnies

En 2013, Boeing a livré deux exemplaires du nouveau 787 Dreamliner, l'un à Ethiopian Airlines et l'autre à Kenya Airways. DR ©

Royal Air Maroc, Ethiopian Airlines, Kenya Airways... En Afrique, les grandes compagnies sont clairement la priorité de l'américain Boeing.

Sur le continent, 2013 aura été une année faste pour Boeing. « Nous avons livré deux exemplaires du nouveau 787 Dreamliner [capable de transporter plus de 200 passagers sur des vols long-courriers]. L’un à Ethiopian Airlines, première compagnie africaine à le faire voler ; et l’autre à Kenya Airways », se réjouit Van Rex Gallard, vice-président de l’avionneur américain pour l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes.

« Ces acquisitions vont permettre aux deux compagnies de rivaliser avec celles d’Europe et du Golfe sur les liaisons intercontinentales en réduisant leur consommation de 21 % par rapport à leurs anciens Boeing », soutient ce Nicaraguayen énergique et hâbleur, rencontré à Mombasa (Kenya) lors de la 45e assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes africaines (Afraa) fin novembre.

Danse

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En Afrique, face à Airbus, son éternel concurrent européen, Boeing prétend mener la danse. « Parmi la flotte d’avions de plus de 150 passagers appartenant aux compagnies africaines, près de 70 % sont des Boeing, ce qui représente 462 appareils », affirme Daniel Mosely, responsable de la communication pour l’Afrique et l’Europe du Sud. Et bien que, depuis ces cinq dernières années, plus de la moitié des avions neufs aient été vendus par Airbus, Van Rex Gallard est optimiste. « Ce qui compte, c’est que les compagnies tissent un lien avec nous. Peu importe le mode de financement et le type d’appareil, même s’il est d’occasion », estime-t-il, tablant sur la progressive montée en gamme des grandes compagnies africaines.

Ces dernières sont clairement celles qui intéressent le plus Boeing, fournisseur privilégié d’Air Algérie et de Tunisair. « Cela fait soixante ans qu’Ethiopian Airlines fait voler des Boeing. Et nous avons le même type de relation avec la RAM [Royal Air Maroc], qui va elle aussi réceptionner un Dreamliner en 2014 », observe le vice-président. En juin, au salon aéronautique du Bourget (France), Driss Benhima, le PDG de la compagnie marocaine, ne disait pas autre chose : « Pour rationaliser nos processus, nous souhaitons n’avoir que très peu d’avions différents, confiait-il à Jeune Afrique. Nous sommes en train de nous séparer de nos derniers Airbus. Nous ne fermons pas la porte à d’autres constructeurs, mais notre organisation basée sur la flotte Boeing nous permet de faire des économies majeures. » Pour 2014, Boeing mise sur le 777X, notamment auprès de Kenya Airways. Présenté à Dubaï fin novembre, il pourra embarquer 300 passagers sur plus de 17 000 km.

Chance

L’avionneur américain ne fait pas pour autant l’impasse sur les plus petites compagnies comme Rwandair, Taag (Angola) et Arik Air (Nigeria). « Nous sommes présents partout où il y a une forte implication de l’État et de tous les acteurs, notamment de la direction de l’aviation civile. Ainsi, nous allons accompagner la RD Congo dans la construction de sa nouvelle compagnie nationale », indique Van Rex Gallard, soucieux de ne pas passer à côté des pays les plus peuplés.

Se sent-il menacé par le succès grandissant des appareils de plus petite capacité (moins de 150 passagers) vendus par le canadien Bombardier, le brésilien Embraer et le franco-italien ATR ? Au contraire, le vice-président de Boeing y voit une chance : « Ces avionneurs se positionnent sur le trafic régional, qui représente seulement de 5 % à 15 % du marché aéronautique en Afrique. Mais ce qu’ils font est positif pour nous : ils développent le marché. Si bien qu’un jour les compagnies qui utilisent leurs appareils se fourniront chez nous. » On ne peut être plus confiant.

La guerre des as

Si Airbus vend plus d’avions neufs en Afrique, Boeing peut s’enorgueillir d’un nombre supérieur d’appareils au sein des flottes du continent : 462, contre 204 pour son concurrent européen. En 2012, le constructeur américain a livré aux compagnies locales 17 avions neufs (cinq en vente et douze en location), et cinq autres sur les dix premiers mois de 2013 (en location). Sur son carnet de commandes africain figurent encore 51 appareils. C.L.B.

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