Politique

Le pape François annoncé en RDC, mais à Kinshasa et non plus à Goma

Après une annulation en juin dernier, le souverain pontife se rendra en Afrique en début d’année, notamment dans une RDC toujours secouée par des violences dans l’Est.

Mis à jour le 27 décembre 2022 à 14:25
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

© Damien Glez

Il n’y a pas que des artistes comme les rappeurs Ninho ou Youssoupha qui annulent des prestations sur le continent, ces derniers mois. Une autre « star » mobilisatrice de grandes foules a renoncé, en juin dernier, à un voyage africain prévu début juillet : le pape François, qui avait alors invoqué des douleurs au genou. À 86 ans, le souverain pontife entend corriger ce faux bond début 2023, à l’occasion de son quarantième voyage à l’étranger.

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Si le Congo-Brazzaville et le Burundi ne sont plus évoqués, le pape se rendra bien, comme initialement prévu, en RDC puis au Soudan du Sud. Il sera présent à Kinshasa du 31 janvier au 3 février 2023 et restera du 3 au 5 février à Juba. La seconde étape de ce périple sera consacrée à un message œcuménique. Dans la plus jeune nation du monde, qui n’a jamais reçu de chef suprême de l’Église catholique romaine, le pape François sera accompagné de l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, et du modérateur de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse, Iain Greenshields.

Pas d’étape à Goma

En RDC, il n’est plus question de la sensible étape de Goma, qui cristallisait toutes les attentions. Alors que des risques pour la sécurité du prestigieux visiteur avaient déjà fait hésiter les organisateurs en juin, la situation dans la province du Nord-Kivu ne s’est guère améliorée. Des Gomatraciens et Gomatraciennes rejoindront le pape dans l’archidiocèse de Kinshasa, le plus grand du continent, dont aucun pape n’a plus foulé le sol depuis la visite de Jean-Paul II dans les années 1980.

Exit, au passage, la consécration de la cathédrale « Mama wa Amani » de Goma, dont la construction a été financée par l’ex-première dame Olive Lembe Kabila. Il faudra encore attendre pour une réconciliation ostentatoire du Vatican avec le clan de l’ancien président Joseph Kabila, l’infréquentable d’alors qui avait inspiré l’annulation d’un voyage en 2017.

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En RDC, pays d’une centaine de millions d’habitants qui compterait 40 % de catholiques, l’Église est particulièrement impliquée en politique, notamment la critique Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). De même, les Congolais sont influents à Rome : François a nommé Fridolin Ambongo au conseil des cardinaux chargés de sa réforme de la Curie. En cette année qui se veut électorale, notamment présidentielle, le président Félix Tshisekedi ne se refusera pas une petite bénédiction papale…

Depuis son élection, en 2013, François a effectué quatre périples sur le continent, qui l’ont notamment conduit au Kenya, en Ouganda, en Centrafrique, en Égypte, au Maroc, au Mozambique, à Madagascar et à Maurice. Entre la RDC et le Soudan du Sud, il devrait prononcer douze discours et rencontrer des victimes de violences, des personnes déplacées ou encore des représentants d’œuvres caritatives.