Politique

Qui est responsable de la mue manquée des médias tunisiens ?

Médias publics tenus d’une main ferme par l’exécutif, médias privés qui peinent à sortir de la culture du buzz. Comment expliquer la crise que traverse la presse tunisienne ? Analyse.

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Mis à jour le 1 janvier 2023 à 10:33
Frida Dahmani

Par Frida Dahmani

Frida Dahmani est correspondante en Tunisie de Jeune Afrique.

Devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), à Tunis, en février 2018, lors d’une manifestation contre les violations de la liberté de la presse, les violences policières, les menaces contre les journalistes. © Chedly Ben Ibrahim/NurPhoto/AFP

Le 17 décembre, radios et télévision nationale ont entamé une grève pour protester contre le gouvernement, qui tarde à amender le statut des médias publics qui dépendent, pour leur fonctionnement, de la primature. La mobilisation n’aurait pas été surprenante si elle n’était pas intervenue alors que des élections législatives anticipées devaient se tenir à la même date. Et que la grève a, de fait, privé les Tunisiens d’une source d’informations d’autant plus précieuse que les autorités, depuis 2019, ont graduellement mis à distance les médias privés dans lesquels ils évitent désormais de s’exprimer.